L’axe du pédalier de mon vélo est cassé. Impossible de trouver la pièce. Fibie roule toujours avec une roue légèrement voilée depuis sa chute. Les sites chinois sur internet regorgent de matériel, mais aucune commande ne passe avec nos cartes bancaire étrangères.
Puis, presque comme si quelqu’un avait entendu notre appel, un message arrive sur nos réseaux sociaux; un cyclotouriste chinois rencontré en Mongolie.« Si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas ! Je suis de retour en Chine » Nous lui demandons alors de nous aider à trouver les pièces qu'il nous manque et de les livrer à la dernière ville avant la frontière.
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| Wang Jun, propriétaire d'un magasin de vélo local, nous dépanne avec un axe de second main. |
Mais ce n’est pas encore terminé pour Fibie. Il faut maintenant s’occuper de sa dent, qui lui fait mal.
Comme à chaque fois, emmener les filles se faire soigner devient tout une aventure. Logistique, bien sûr, mais aussi émotionnel. Il faut chercher, comprendre, faire confiance.
C’est peut-être aussi ça, habiter les espaces et les cultures : y plonger à tout moment, même lorsque l’on aimerait retrouver un visage connu, une expertise familière, des gestes qui correspondent à notre manière de penser. Je suis terriblement stressée à l’idée de l’emmener chez le dentiste. Le premier cabinet que nous trouvons est… très local.
Allons-nous trouver ici quelqu’un en qui nous aurons suffisamment confiance ?
Nous en cherchons des autres. Finalement, dans un autre quartier, le cabinet est mieux. Fibie se sent en confiance et ressort avec sa dent soignée.
Nous repartons sur nos vélos, et la ville de Fuhait s’efface derrière les derniers bâtiments. Puis le désert nous engloutit à nouveau.
Au loin, dans les formations rocheuses, apparaissent des strates rouges, dessinées par le temps. Puis une bande de vert au fond de la vallée.
Au milieu de ce paysage démesuré, une yourte apparaît. Petit point blanc perdu dans un monde minéral. Elle semble porter à elle seule la force de vie des nomades.
Plus loin encore, les premiers reflets du lac Ulungur apparaissent.
Après trente-cinq kilomètres, nous pouvons enfin nous y baigner. L’eau est fraîche. Mais plus encore que la baignade, c’est sa présence qui nous impressionne : une immense étendue d’eau au milieu de ce monde désertique.
Le lac Ulungur est considéré comme une perle du Xinjiang. Les bus de touristes chinois s’y arrêtent quelques minutes avant de repartir vers d’autres sites.
Puis les voitures, les bus et les camions reprennent la route. La route de Burqin est la seule qui nous permet de rejoindre la frontière au nord, vers le Kazakhstan.
Une route étroite - Des coups de klaxon - Des véhicules qui forcent le passage à toute allure.
Nous roulons parfois au milieu de la chaussée pour obliger les conducteurs à ralentir, surtout dans les passages sinueux où de petits cônes tentent tant bien que mal de faire respecter la ligne blanche.
Une trentaine de kilomètres plus loin, une rivière apparaît dans l’immensité, l’Irtich. Un échappatoire. Enfin nous respirons sous les quelques saules.
Un homme arrive en moto. Il nous parle, ou plutôt nous crie dessus en chinois. Nous ne comprenons pas tout.
Il prend son téléphone.
- Oh non ! Pas encore ! Soupire Nayla. De toute façon, je ne repars pas ce soir !
Quelques minutes plus tard, quatre autres personnes arrivent. Ils portent des badges. Ils nous posent des questions. Tout est enregistré sur un téléphone, tout est filmé.
Nous craignons de devoir repartir. Nous sommes apparemment dans une réserve naturelle.
Puis, finalement, ils nous autorisent à rester. Notre argument semble les avoir convaincus : "La route est trop dangereuse aujourd’hui. Nous partirons tôt demain matin." Ils repartent après une photo de groupe.
Le lendemain matin, il nous reste une cinquantaine de kilomètres jusqu’à Burqin. Heureusement, le vent est de dos. La circulation, elle, reste dangereuse. Nous fixons sur nos vélos de longs bâtons avec nos gilets fluorescents qui pendent. Ils dépassent largement derrière nous et obligent les voitures à laisser davantage d’espace pour nous dépasser.
Puis Burqin, la ville semble appartenir à un autre monde. Son architecture porte encore les traces de l’influence russe. Et il y a les arbres. Après le désert, les routes dangereuses et les kilomètres de poussière, ces parcs verts, magnifiquement entretenus, sont une véritable douceur.
Celine, Xavier, Nayla et Fibie
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Retrouver son propre rythme
5 jours / 4 nuits dans l’immensité de la steppe mongole
Ralentir. Respirer. Se reconnecter.
Quelques jours pour s’éloigner du rythme habituel, vivre au plus près de la nature et découvrir une autre façon d’habiter le temps. Dans l’immensité de la steppe mongole, nous vous invitons à ralentir, à respirer profondément et à retrouver de l’espace — autour de vous, comme en vous.
Un retour à l’essentiel, dans l’immensité de la steppe mongole
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