La Corée se termine La Mongolie commence après. Entre les deux, il y a ce passage étrange où tout semble encore présent et déjà en train de s’éloigner. La Corée a été un souffle, une légèreté, une succession de paysages verts et de rencontres simples, comme si tout s’était accordé avec fluidité, porté sur des ailes de renouveau et de joie . Nous pouvions simplement nous laisser vivre. Il y avait des paysages vert vif, des montagnes élégantes, des passages au coeur des vallées et les vues aux sommets. Il y avait surtout une sensation d’être au bon endroit au bon moment, comme si tout se déroulait au-delà de nous, comme cette carte d’itinéraire saisie par hasard. Il y avait surtout cette douceur incarnée dans la piste cyclable et les lieux magiques où nous campions. Il y avait cette innocence et l’accueil simple de ce qui est. Nous sommes si bien ici, et même si nous savons que c’est le moment de rejoindre la Mongolie, quelque chose en nous a envie de rester, de prolonger cette douceur...
Ce matin, nous laissons nos vélos pour grimper vers un temple perdu dans la montagne. Dès l’arrivée au pied du relief, les ruines gigantesques d’un ancien temple du XIVe siècle surgissent devant nous . Puis le sentier commence à grimper. Il s’enfonce dans une forêt de pins parfumée, longe une source sacrée, avant de déboucher sur le temple principal. L’architecture est magnifique, peinte de vert. Un vert vivant, vibrant, comme si le temple respirait au rythme du printemps coréen. Ici, tout semble s’éveiller en même temps : les arbres, les oiseaux… et nous aussi. Plus haut, des formations rocheuses de granit beige apparaissent entre les branches. Rondes, douces, presque irréelles, comme sculptées. « On peut monter là-haut ?! » s’écrient les filles, déjà prêtes à bondir. Évidemment, impossible de dire non à cette énergie-là. Alors nous grimpons encore. Le sentier se rétrécit, devient plus raide, plus sauvage. Puis arrivent les cordes, les passages sécurisés dans la roche ; les filles...