Nous atteignons un grand ovoo, un monticule de pierres dressé sur la crête. Les drapeaux bleus claquent dans le vent. Un brûleur d'encens, un crâne de cheval, une théière, quelques tasses, une bouteille de vodka vide et des os blanchis ont été déposés là en offrande pour les esprits. Je fais trois fois le tour de l'ovoo. Je ne sais pas si je me sens reliée aux esprits du vent dont parlent les Mongols. Mais une chose est certaine : cette terre porte une présence . C’est indéniable. Alors, silencieusement, je lui demande l'autorisation de passer. Car ce qui se dévoile devant nous dépasse tout ce que nous avons traversé depuis Ulaan Baatar. La terre s'étire dans toutes les directions. Pas une yourte. Pas un troupeau. Pas même un poteau électrique. Rien. Seulement l'espace. Une immensité si vaste qu'elle en devient presque vertigineuse. Comme si le monde avait soudainement retiré ses limites. Nous recevons une bouffée d’espace. Et pourtant, ce paysage n'a rien ...
Nous rejoignons le petit village d'Ikh Uul. Juste une étape pour refaire quelques provisions avant de poursuivre notre route. Mais en quittant le village, le vent décide qu'il a son mot à dire. Il souffle avec une telle violence que nous n'avançons presque plus. Nous franchissons un petit col où le sable forme quelques dunes inattendues, puis les montagnes arides reprennent possession du paysage. Nous choisissons alors de descendre dans la vallée. Là, une rivière reflète le bleu intense du ciel tandis qu'elle serpente au milieu d'une prairie lumineuse. Une piste attire notre regard. Nous la suivons sans trop savoir où elle mène. Elle nous conduit jusqu'à une source. Une vraie surprise. Après des jours de vent, de cols et de pistes, l'endroit ressemble à une oasis. Quelques yourtes sont installées à proximité. Nous demandons l'autorisation de planter notre tente non loin et nous nous installons pour la nuit. L'un des aspects le plus fascinant de viv...