Ce matin, nous laissons nos vélos pour grimper vers un temple perdu dans la montagne. Dès l’arrivée au pied du relief, les ruines gigantesques d’un ancien temple du XIVe siècle surgissent devant nous . Puis le sentier commence à grimper. Il s’enfonce dans une forêt de pins parfumée, longe une source sacrée, avant de déboucher sur le temple principal. L’architecture est magnifique, peinte de vert. Un vert vivant, vibrant, comme si le temple respirait au rythme du printemps coréen. Ici, tout semble s’éveiller en même temps : les arbres, les oiseaux… et nous aussi. Plus haut, des formations rocheuses de granit beige apparaissent entre les branches. Rondes, douces, presque irréelles, comme sculptées. « On peut monter là-haut ?! » s’écrient les filles, déjà prêtes à bondir. Évidemment, impossible de dire non à cette énergie-là. Alors nous grimpons encore. Le sentier se rétrécit, devient plus raide, plus sauvage. Puis arrivent les cordes, les passages sécurisés dans la roche ; les filles...
Ça monte encore et encore, une pente à 14 % sur 1,5 km, mais les chiffres ne disent pas grand-chose de ce que l’on ressent. La nouvelle route grimpe droit dans la montagne, sans chercher à l’éviter, sans détour, comme si elle refusait toute négociation avec le relief . « Comment font-ils ici en hiver ? quand tout doit disparaître sous la neige ? ». Cette question revient surtout pour occuper mon esprit, pour masquer l’immense frustration de cette montée qui semble ne jamais vouloir finir. Alors qu’on voit se dessiner l’ancienne route en serpentin… Il nous faut une heure pour hisser les vélos, à la force des bras . Une heure lente, d’un effort intense où l’on monte, puis redescend chercher les filles, pour remonter encore. Les gestes s’enchaînent comme un mouvement sans fin. La Corée nous surprend ainsi à chaque col, avec ces pentes qui semblent toujours plus raides que les précédentes, comme si le paysage testait notre obstination. Surtout avec le poids de nos vélos chargés. Les de...