Au poste frontière, on vide tout. Absolument tout. Chaque livre de Nayla et Fibie est contrôlé, jusque dans les petites sacoches où elles gardent leurs trésors personnels. Les omamori japonais, ces porte-bonheurs en tissu, attirent immédiatement l’attention. Les douaniers cherchent des cartes topographiques de la Chine imprimées au Japon. Apparemment, elles sont fausses… Puis la route. Une unique artère, surveillée. Des caméras tous les dix mètres, puis tous les deux cents, jusqu’à s’espacer tous les dix kilomètres. Des barrières de part et d’autre. Et des arbres. — Wow ! Tu as vu la taille des arbres ! s’exclame Fibie. Après des semaines dans les paysages ouverts de Mongolie, ils nous paraissent presque démesurés. Nous arrivons à Takeshiken. Un petit hôtel, l’eau courante, une douche chaude qui lave la poussière, et les odeurs d’épices qui montent de la rue. Nous l’avons fait. Nous avons traversé la Mongolie. D’autres défis se dressent aussitôt : trouver une carte SIM, facile, mais im...
Le ciel change brusquement. Un orag e approche, le vent se lève et les premières gouttes commencent à tomber. Nous avons à peine le temps de ramasser nos affaires avant de nous mettre à l’abri. Nous attendons sous les arbres que la colère du ciel passe. Puis, peu à peu, tout se calme. La rivière continue de couler. Les aigles tournent à nouveau au-dessus des falaises. Au réveil, nous nous baignons encore. Impossible de partir sans en profiter une dernière fois. Quelques virages encore dans le canyon étroit, puis soudain, nous en sortons. L’espace s’ouvre à nouveau. Immense jusqu’aux prochaines montagnes au loin. L’horizon revient, comme toile de fond. Après le canyon, cette ouverture est presque physique. Elle libère le regard, l’esprit, le corps. Et pourtant, nous entrons à nouveau dans le désert. Les paysages deviennent rouges, minéraux, écrasés par la chaleur. Le vent revient de face. Des terrains sablonneux, des chameaux, quelques saxaouls. Et ce vaste et somptueux rien jusqu’à la ...