Un homme nous fait signe depuis le bord de la route. Nous nous arrêtons devant une petite bâtisse en béton qui fait office de cantine. À l'intérieur, trois lits occupent une partie de la pièce. Un poêle chauffe doucement et, au-dessus, une casserole de thé au lait mijote lentement. Nous nous installons. Le thé est servi avec des beignets encore chauds. Les filles se régalent. Notre hôte tente ensuite de nous apprendre quelques mots de mongol. Nous répétons tant bien que mal. Les éclats de rire se succèdent. Très vite, la conversation dérive vers les animaux. Nous imitons les chèvres, les chevaux, les yaks. Les sons ne sont manifestement pas les mêmes qu'en Europe. Les filles rient aux larmes. Quelques heures plus tard, nous reprenons notre route avec des boules de yogourt séché, les arurts. Puis plantons la tente au milieu de nulle part. Cette fois, nous sommes heureux d'avoir transporté suffisamment d'eau. Chaque litre compte. Les réserves occupent une place grandissa...
D'étonnantes formations rocheuses apparaissent au loin. Rondes, empilées les unes sur les autres, elles ressemblent à d'immenses piles de galets déposées au milieu de la vallée. Elles donnent du caractère au paysage et attirent immédiatement notre regard. Depuis quelques jours, les filles s'interrogent sur les nombreuses carcasses que l'hiver a laissées derrière lui. Un crâne de cheval blanchi par le soleil. Les os d'un mouton éparpillés dans l'herbe . L'odeur d'une dépouille que le vent porte jusqu'à nous. Au début, elles détournaient le regard. Aujourd'hui, elles s'arrêtent, observent et posent des questions. Dans les steppes, la vie et la mort cohabitent simplement. Les troupeaux paissent à quelques mètres d'animaux qui n'ont pas survécu à l'hiver . Peu à peu, ces traces deviennent elles aussi des éléments du paysage, au même titre que les pierres, les montagnes ou les bouteilles de vodka abandonnées que l'on découvre parfo...