L’aventure doit se vivre. Elle ne naît pas dans les récits ni dans les images que l’on regarde. Elle est une expérience du corps et du cœur, un pas vers l’inconnu où l’on accepte de rencontrer le monde tel qu’il est. C’est peut-être cela que nous offrons à nos filles : ne pas seulement admirer le monde, mais y entrer pleinement. Marcher dedans, y dormir, y frissonner, y rire, y trouver parfois l’inconfort qui rend les instants de chaleur encore plus précieux. Car l’aventure n’est pas forcément spectaculaire. Elle peut être simple. Mais dans ces moments-là, quelque chose s’ouvre. Le regard change, les sensations deviennent plus vives, et l’on découvre que la beauté du monde est là, autour de nous. Aujourd’hui, Fibie insiste pour que nous allions dormir au sommet d’Osorakan, la plus haute montagne d’Hiroshima. Cette fois, la fenêtre météo est parfaite. Nous préparons le matériel et nous voilà partis. Il nous faut grimper pour atteindre le sommet, marcher avec le poids de nos sacs, pou...
Depuis le cœur des montagnes, nous prenons le train rapide pour rejoindre Tokyo. Peu à peu, nous plongeons dans l’immensité de la métropole. Au cœur de ses rues bondées, les bruits stridents et les odeurs de la ville éveillent chez les filles des sentiments mêlés, mitigés. Peut-être est-ce simplement notre vie de simplicité qui nous a habitués à autre chose, à d’autres richesses, celles qui ne tiennent ni dans les vitrines, ni dans les milliers d’expériences offertes par la ville, et encore moins dans les biens que nous ne pourrions jamais transporter sur nos vélos. Là où les enfants des villages japonais rêvent souvent de découvrir Tokyo, Nayla et Fibie n’y voient pas vraiment de trésors cachés. Ce qui donne un sens à notre venue, ce sont les amis que nous allons retrouver. Alors nous nous amusons autrement : regarder les pancartes des menus et imaginer tout ce que nous pourrions manger, observer les passants pour élire le plus extravagant ou le plus inattendu, et savourer des crêpes...