À Burqin, nous trouvons une jolie guesthouse avec un jardin extraordinaire. Une quinzaine de légumes différents poussent entre les arbres fruitiers. La cour intérieure semble appartenir à un autre temps. Notre chambre, sous les toits, offre un espace tatami pour les filles. Pour une fois, nous pouvons souffler. Nous avons beaucoup roulé. De longues journées. De grandes distances. Le désert, le vent, la chaleur, les contrôles. Alors ici, rien ne presse. Nous mangeons dans les petits restaurants de la ville. La cuisine est à l’image de Burqin : un mélange de cultures han, ouïghoure et kazakhe. Des nouilles sautées, en soupe, épicées ou dans des bouillons. Des baozi, des beignets, du lait de soja, des boulettes sucrées, des pains plats, du porc à la sauce aigre-douce, du poulet au piment, des légumes verts à l’ail. Nous goutons même des vers à soie, au goût de noisette et de terre . Sur les tables, il y a toujours de l’ail et du piment en supplément. Un soir, une tempête éclate. Une pluie...
À Fuhai, nous devons commencer par régler quelques problèmes. L’axe du pédalier de mon vélo est cassé. Impossible de trouver la pièce. Fibie roule toujours avec une roue légèrement voilée depuis sa chute. Les sites chinois sur internet regorgent de matériel, mais aucune commande ne passe avec nos cartes bancaire étrangères. Puis, presque comme si quelqu’un avait entendu notre appel, un message arrive sur nos réseaux sociaux; un cyclotouriste chinois rencontré en Mongolie.« Si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas ! Je suis de retour en Chine » Nous lui demandons alors de nous aider à trouver les pièces qu'il nous manque et de les livrer à la dernière ville avant la frontière. Wang Jun, propriétaire d'un magasin de vélo local, nous dépanne avec un axe de second main. Mais ce n’est pas encore terminé pour Fibie. Il faut maintenant s’occuper de sa dent, qui lui fait mal. Comme à chaque fois, emmener les filles se faire soigner devient tout une aventure. Logistique, bien sûr, mais...