Une journée comme toutes les autres. Je me réveille, puis on part à vélo avant le déjeuner. Depuis le campement, je pédale pendant 1 km sur une piste en sable pour rejoindre la route. Et là, je réalise que mon compteur affiche 10'000 km ! Youpi !!! Je regarde derrière moi : du désert, des montagnes désertiques. À côté, il y a un grand lac avec de l'herbe bien verte et toute fraîche. Puis je regarde devant moi et je me demande : — C'est quand que je vais passer les 20'000 km ? On commence à rouler. Je réfléchis aux jeux que je pourrais faire sur mon vélo, parce qu'il y a du vent de face, comme tous les jours. Le vent, on le connaît bien. Souvent, il souffle en face de nous. On pédale, on pédale, on pédale... et pourtant on n'avance pas très vite. Après 20 km, on déjeune. Oh merci ! J'avais tellement faim. Deux jours plus tard, on fait un apéro pour célébrer. Des chips, parce qu'on n'en mange pas souvent. Et aussi, de la bière. Enfin, pour les grands ...
Le route asphaltée s'arrête à Ulaangom. Sur la carte, la suite n'est plus qu'un fin trait gris qui serpente vers Tsagaannuur, à la frontière avec l’Altaï russe. Deux cent cinquante kilomètres de piste. Plusieurs cols dont le plus grand à plus de mille mètres de dénivelé. Une plaine à la chaleur torride. Trois rivières qui se divisent en plusieurs bras. Une vallée encaissée et tous nous parle avec le même sourire : ça va secouer. Nous déroulons la carte sur la table de la famille qui tient le petit hotel où nous restons. Le père est chasseur. Il connaît ces montagnes comme sa poche. Nous lui faisons entièrement confiance. Son doigt suit la piste. Il s'arrête au col. Puis au premier lac. Puis à la rivière. — « Là... parfois l'eau arrive jusque-là. » Il pose sa main sur son ventre. Nous échangeons un regard avec Xavier. La rivière, nous l'avions déjà repérée sur la carte. Mais nous attendions une confirmation d’un local. A ses gestes, tout devient soudain beaucoup ...