Khovd apparaît comme une respiration. La ville repose dans une vaste plaine, enlacée par d'étonnantes montagnes orangées aux formes sculptées par le vent. Une rivière y dessine des méandres entre les yourtes blanches et, surtout, il y a des arbres. De vrais grands arbres. Leurs feuilles bruissent doucement au-dessus de nos têtes. Après tant de kilomètres passés sous un ciel immense, leur ombre est une retrouvaille. Khovd donne l'impression d'être à la croisée des mondes. Son marché en est sans doute le meilleur reflet. Ce n'est pas seulement un endroit où l'on vient acheter quelques provisions. C'est un lieu où l'on prend le pouls de toute une région. Les cris des marchands se mélangent à l'odeur de la viande fraîche, du charbon, de la poussière. Les pick-up arrivent de toutes les directions, chargés de montagne de pastèque, de bidons de lait, ou parfois d'un mouton fraîchement découpé . — « Goûte ! » Une femme nous tend un arrul. Son visage s'i...
Tout semble s’accélérer dès notre retour en Mongolie. Même au passage de la frontière, les orages s’abattent au moment précis où nous dînons au sommet du col. Pas de pause : nous sommes poussés à avancer. Dans la grande descente vers Tsaganuur, l’orage revient de plus belle, plus fort, plus sombre. Les vents sont furieux, nous poussant avec un élan de rage. Nous plongeons à toute vitesse dans cet univers infini, parsemé de yourtes blanches, retrouvant les grands troupeaux de moutons et de chèvres . Nous sommes précipités encore plus rapidement vers ce qui est présent mais que parfois nous refusons de voir. Fibie, lancée à 50 km/h, fait une chute monumentale. Le visage en sang, la veste déchirée, le ventre brûlé par l’impact avec le guidon, sa roue voilée dessine désormais le symbole de l’infini. Et l’orage qui arrive, plus violent encore. Il faut décider vite. Nayla change de positionnement. Calme sa décision est tranchante: elle monte dans la voiture d’inconnus kazakhs que nous avons ...