Nous posons le pied en Corée du Sud, dans le petit port de Donghae. Il n’y a qu’un ferry par semaine. C’est une arrivée discrète, presque inaperçue. Le Japon occupait encore tout l’espace en nous. Nous n’avons rien préparé. Alors nous arrivons ainsi, ouverts, un peu perdus, comme au seuil d’un nouveau monde. À la sortie de l’immigration, une grosse poule, un coq majestueux traversent la rue. Premier signe que quelque chose change. Comme un clin d’œil du réel. Comme un rappel aussi; ici, on roule à droite ! Alors nous avançons les sens éveillés. Très vite, une autre énergie se fait sentir. Les voix sont plus franches, plus présentes. Une chaleur différente émerge, moins retenue, plus directe. Comme si chacun occupait pleinement sa place. Il y a aussi une sensation d’ouverture. La Corée du Sud a toujours été un territoire de passages pour moi. Un espace où je peux me retrouver, me réaligner. Où de nouvelles voies apparaissent, presque naturellement. Les intuitions émergent avec p...
Ce matin, nous plongeons dans l’eau turquoise, fraîche, vivifiante. Le corps se réveille, l’esprit s’ouvre. Se relier à l’eau, à cette mer vivante, c’est se reconnecter à quelque chose d’essentiel, de puissant, surtout au coeur des îles d’Oki. Puis nous allons voir un festival local. Les Mae, les danses traditionnelles, s’ouvrent avec celles des dragons. Les gestes sont précis, habités, transmis depuis des générations. Nous rencontrons ensuite le maire, Ikeda san. Avec simplicité, il nous offre sa place, son fauteuil. Les filles s’y installent, presque étonnées. Le geste est symbolique, fort. Le maire nous remercie alors d’être venus relier Okinoshima au monde. Et il s’étonne, sincèrement, de cette manière que nous avons de suivre les lieux, de répondre à leurs appels. Pourtant, il est touché que tout nous ait conduits ici, à Okinoshima. Comme si lui aussi percevait cet appel invisible qui nous a guidés. Nous ressentons profondément l’influence de Matsuyama-san...