Nous longeons l’Altai et ses montagnes mystiques. Une fois de plus, nous repartons pour de longues distances, traversant des paysages à couper le souffle. Des paysages qui ne se contentent pas d’être là : ils imposent leur présence. Ici, nous sommes les invités. Nous le savons. Tout est plus grand, plus loin, plus isolé. Le chemin nous entraîne toujours plus profondément au cœur d’une terre habitée par un souffle ancien, chamanique ; dans des espaces qui exigent l’humilité. La Mongolie nous dépouille de nos illusions, de nos attentes, de nos certitudes. Elle nous pousse à nous aligner au plus près de nous-mêmes, à écouter, à ressentir les énergies qui nous entourent. Être là, écouter, ressentir, et accepter de ne pas tout maîtriser. Nous quittons Khovd par un long col. Peu à peu, la rivière disparaît, ainsi que les quelques arbres. À l’Ovoo, une femme s’arrête, lance du lait dans les airs et adresse une prière aux esprits. Nous la regardons en silence. Pour cette longue traversée, nous...
Khovd apparaît comme une respiration. La ville repose dans une vaste plaine, enlacée par d'étonnantes montagnes orangées aux formes sculptées par le vent. Une rivière y dessine des méandres entre les yourtes blanches et, surtout, il y a des arbres. De vrais grands arbres. Leurs feuilles bruissent doucement au-dessus de nos têtes. Après tant de kilomètres passés sous un ciel immense, leur ombre est une retrouvaille. Khovd donne l'impression d'être à la croisée des mondes. Son marché en est sans doute le meilleur reflet. Ce n'est pas seulement un endroit où l'on vient acheter quelques provisions. C'est un lieu où l'on prend le pouls de toute une région. Les cris des marchands se mélangent à l'odeur de la viande fraîche, du charbon, de la poussière. Les pick-up arrivent de toutes les directions, chargés de montagne de pastèque, de bidons de lait, ou parfois d'un mouton fraîchement découpé . — « Goûte ! » Une femme nous tend un arrul. Son visage s'i...