Nous longeons la côte est. La route caresse la mer turquoise, puis s’égare parfois dans quelques montées abruptes. Soudain, un chemin apparaît. Il mène à un temple. Nous nous y glissons avec émerveillement et découvrons l’antre du phénix . Majestueux, éclatant, fascinant, l’oiseau de feu semble appeler à la renaissance. Ceux venus prier se prosternent et tournent autour de lui avec lenteur. Alors nous suivons le mouvement, nous aussi, honorant cet être mystique et tout ce qu’il symbolise. Une forêt de pins nous accueille au bord de l’océan. Les vagues sont tumultueuses, pourtant l’eau est d’une beauté saisissante. Fibie adore jouer dans le sable ; elle s’y plonge littéralement. Puis elle se met à faire de la gymnastique : des roues, encore et encore, comme si le rivage lui offrait un immense terrain de liberté. La météo annonce des pluies torrentielles pour demain. Nous cherchons alors un refuge parfait. Nous découvrons un pavillon, bien abrités… pourtant, quelque chose nous souffle ...
Nous posons le pied en Corée du Sud, dans le petit port de Donghae. Il n’y a qu’un ferry par semaine. C’est une arrivée discrète, presque inaperçue. Le Japon occupait encore tout l’espace en nous. Nous n’avons rien préparé. Alors nous arrivons ainsi, ouverts, un peu perdus, comme au seuil d’un nouveau monde. À la sortie de l’immigration, une grosse poule, un coq majestueux traversent la rue. Premier signe que quelque chose change. Comme un clin d’œil du réel. Comme un rappel aussi; ici, on roule à droite ! Alors nous avançons les sens éveillés. Très vite, une autre énergie se fait sentir. Les voix sont plus franches, plus présentes. Une chaleur différente émerge, moins retenue, plus directe. Comme si chacun occupait pleinement sa place. Il y a aussi une sensation d’ouverture. La Corée du Sud a toujours été un territoire de passages pour moi. Un espace où je peux me retrouver, me réaligner. Où de nouvelles voies apparaissent, presque naturellement. Les intuitions émergent avec p...