Le route asphaltée s'arrête à Ulaangom. Sur la carte, la suite n'est plus qu'un fin trait gris qui serpente vers Tsagaannuur, à la frontière avec l’Altaï russe. Deux cent cinquante kilomètres de piste. Plusieurs cols dont le plus grand à plus de mille mètres de dénivelé. Une plaine à la chaleur torride. Trois rivières qui se divisent en plusieurs bras. Une vallée encaissée et tous nous parle avec le même sourire : ça va secouer. Nous déroulons la carte sur la table de la famille qui tient le petit hotel où nous restons. Ils nous ont accueilli comme si nous étions des leur. Le père est chasseur. Il connaît ces montagnes comme sa poche. Nous lui faisons entièrement confiance. Son doigt suit la piste. Il s'arrête au col. Puis au premier lac. Puis à la rivière. — « Là... parfois l'eau arrive jusque-là. » Il pose sa main sur son ventre. Nous échangeons un regard avec Xavier. La rivière, nous l'avions déjà repérée sur la carte. Mais nous attendions une confirmation d’...
Le lendemain, le désert a changé de visage. La fraîcheur des matins appartient déjà au passé. Lorsque nous ouvrons la tente, la chaleur est là. Douce encore, mais bien présente. Nous savons qu'elle ne fera qu'augmenter au fil des heures. Nous longeons les rives du lac Khyargas, entre longues montées et longues descentes. Cette fois, nous n'attendons pas. Après quelques dizaines kilomètres, nous quittons la route. Le lac n'est plus qu'à quelques centaines de mètres. Notre thermomètre affiche 43 °C. Nous tendons la tarp pour avoir un peu d'ombre, puis nous courons vers l'eau. L'eau est fraîche, et le sel nous porte. Nos corps deviennent soudain plus légers, comme si la fatigue des derniers jours se dissolvait peu à peu dans le lac. Nous restons là à flotter. Puis nous reprenons la route, jusqu’au prochain point d’eau. Soulagés de le rejoindre avec la chaleur. Soudain, les rochers nous interpellent. Nous avons souvent l'impression de marcher sur la terr...