Le désert est là, à nouveau. Au loin, des dunes gigantesques. Mais le vent est frais. Notre été aura finalement duré deux semaines. La seule route qui nous permet d’avancer est une immense autoroute, parfaitement lisse, qui traverse le désert au milieu de centaines d’éoliennes. Les pales tournent lentement au-dessus de nous. À côté, les camions et les grues semblent minuscules. Mais impossible de quitter la route. Des barrières grillagées s’alignent de chaque côté. Une petite ouverture nous permet de nous arrêter quelques minutes, à l’écart des caméras, pour manger. Le soir, nous retrouvons les Kazakhs nomades. À cheval, ils s’occupent de leurs troupeaux de chameaux et de vaches. Nous plantons la tente sur un immense plateau. Le soleil descend lentement sur l’horizon. Le vent tombe. La température est parfaite. Puis, au sud, un nuage noir apparaît. — Tu crois que c’est le calme avant la tempête ? Après tous ces milliers de kilomètres dans ces terres nues, nous avons appris à ne pas fai...
À Burqin, nous trouvons une jolie guesthouse avec un jardin extraordinaire. Une quinzaine de légumes différents poussent entre les arbres fruitiers. La cour intérieure semble appartenir à un autre temps. Notre chambre, sous les toits, offre un espace tatami pour les filles. Pour une fois, nous pouvons souffler. Nous avons beaucoup roulé. De longues journées. De grandes distances. Le désert, le vent, la chaleur, les contrôles. Alors ici, rien ne presse. Nous mangeons dans les petits restaurants de la ville. La cuisine est à l’image de Burqin : un mélange de cultures han, ouïghoure et kazakhe. Des nouilles sautées, en soupe, épicées ou dans des bouillons. Des baozi, des beignets, du lait de soja, des boulettes sucrées, des pains plats, du porc à la sauce aigre-douce, du poulet au piment, des légumes verts à l’ail. Nous goutons même des vers à soie, au goût de noisette et de terre . Sur les tables, il y a toujours de l’ail et du piment en supplément. Un soir, une tempête éclate. Une pluie...