Accéder au contenu principal

Articles

Dernier article

La récompense derrière le col

Nous rejoignons le petit village d'Ikh Uul. Juste une étape pour refaire quelques provisions avant de poursuivre notre route. Mais en quittant le village, le vent décide qu'il a son mot à dire. Il souffle avec une telle violence que nous n'avançons presque plus. Nous franchissons un petit col où le sable forme quelques dunes inattendues, puis les montagnes arides reprennent possession du paysage. Nous choisissons alors de descendre dans la vallée. Là, une rivière reflète le bleu intense du ciel tandis qu'elle serpente au milieu d'une prairie lumineuse. Une piste attire notre regard. Nous la suivons sans trop savoir où elle mène. Elle nous conduit jusqu'à une source. Une vraie surprise. Après des jours de vent, de cols et de pistes, l'endroit ressemble à une oasis. Quelques yourtes sont installées à proximité. Nous demandons l'autorisation de planter notre tente non loin et nous nous installons pour la nuit. L'un des aspects le plus fascinant de viv...
Articles récents

10’000 km avant mes 9 ans

Une journée comme toutes les autres. Je me réveille, puis on part à vélo avant le déjeuner. Depuis le campement, je pédale pendant 1 km sur une piste en sable pour rejoindre la route. Et là, je réalise que mon compteur affiche 10'000 km ! Youpi !!! Je regarde derrière moi : du désert, des montagnes désertiques. À côté, il y a un grand lac avec de l'herbe bien verte et toute fraîche. Puis je regarde devant moi et je me demande : — C'est quand que je vais passer les 20'000 km ? On commence à rouler. Je réfléchis aux jeux que je pourrais faire sur mon vélo, parce qu'il y a du vent de face, comme tous les jours. Le vent, on le connaît bien. Souvent, il souffle en face de nous. On pédale, on pédale, on pédale... et pourtant on n'avance pas très vite. Après 20 km, on déjeune. Oh merci ! J'avais tellement faim. Deux jours plus tard, on fait un apéro pour célébrer. Des chips, parce qu'on n'en mange pas souvent. Et aussi, de la bière. Enfin, pour les grands ...

La fin de l’asphalte : l’appel de l’inconnu

Le route asphaltée s'arrête à Ulaangom. Sur la carte, la suite n'est plus qu'un fin trait gris qui serpente vers Tsagaannuur, à la frontière avec l’Altaï russe. Deux cent cinquante kilomètres de piste. Plusieurs cols dont le plus grand à plus de mille mètres de dénivelé. Une plaine à la chaleur torride. Trois rivières qui se divisent en plusieurs bras. Une vallée encaissée et tous nous parle avec le même sourire : ça va secouer. Nous déroulons la carte sur la table de la famille qui tient le petit hotel où nous restons. Le père est chasseur. Il connaît ces montagnes comme sa poche. Nous lui faisons entièrement confiance. Son doigt suit la piste. Il s'arrête au col. Puis au premier lac. Puis à la rivière. — « Là... parfois l'eau arrive jusque-là. » Il pose sa main sur son ventre. Nous échangeons un regard avec Xavier. La rivière, nous l'avions déjà repérée sur la carte. Mais nous attendions une confirmation d’un local. A ses gestes, tout devient soudain beaucoup ...

Les cols de l'Arkhangai se méritent

Le vent dort encore. Nous en profitons. À six heures du matin, la vallée est silencieuse. Les yaks broutent autour de la tente lorsque nous quittons notre bivouac . Les montagnes sont déjà là, immenses, mais elles semblent presque paisibles avant le réveil du vent. Car ici, il finit toujours par arriver. Avant midi. Parfois plus tôt. Souvent plus fort que la veille. Mais toujours présent. Depuis plusieurs jours, notre traversée de la Mongolie ressemble à un étrange dialogue avec lui. Nous roulons tôt. Lui finit toujours par nous rattraper. Puis nous passons le reste de la journée à négocier. Depuis Tsetserleg, les cols s'enchaînent. À chaque sommet, un ovoo veille sur la vallée suivante. Nous faisons une courte pause, observons l'horizon, puis replongeons dans un nouveau monde. Les montagnes semblent infinies. Les distances aussi. Un matin, nous profitons du calme pour parcourir vingt kilomètres avant le déjeuner. Puis nous repartons vers le col suivant. La montée s'étire ...