Accéder au contenu principal

Articles

Dernier article

 L’hiver chuchote des secrets

Ce matin, c’est la tempête. La neige tombe a gros flocon et le vent glacial s’engouffre dans la vallée. Notre maison devient de plus en plus froide. Il fait à peine quelques degrés au réveil. Pourtant, le souffle de l’hiver est aussi délicieux. Il est ce tapis immaculé de blanc, le craquement de la neige à chaque pas, l’air frais qui caresse nos joues et cette douceur qu’offre la lumière bleutée de cette saison. Pâle, elle enchante le monde de magie et souligne sa fragilité. Au sommet de la montagne à Osorakan, les arbres sont drapés de neige. Sous ce manteau, ils deviennent des fantômes aux silhouettes étranges, figés dans le silence. Ils portent en eux la mémoire du froid mordant et des vents furieux qui se sont abattus sur la terre. Une force invisible et glaciale qui a marqué le lieu de son souffle. Et pourtant, sous cette blanche étreinte, un battement résonne. La vie palpite, fougueuse, libre, créatrice. Cet hiver nous offre un choix. Celui de prendre un moment pour entrer e...
Articles récents

Dans les montagnes de Hiroshima

L’hiver s’installe profondément. Le froid mord, vif et silencieux. Cette nuit, les nuages ont été inspirés: cinquante centimètres de neige fraîche, immaculée. J’adore ces matins, où tout est recouvert de ce doux manteau, ou le temps semble ralentir, où le silence règne, enveloppés de ce souffle blanc. Nous chaussons skis et snowboard, attirés par l’appel des montagnes, et rejoignons Osorakan le point culminant de la préfecture d’Hiroshima. Qui aurait imaginé qu’il était possible de skier tout à l’ouest du Japon ? À chaque virage, la neige s’élève en nuages légers et danse au-dessus de nos têtes. Puis elle se dépose sur nos joues glacées. Par moments, Nayla et Fibie disparaissent, nagent, luttent joyeusement dans cette mer de poudreuse avant de renaître un peu plus loin, rieuses. Nous profitons de chaque descente. Skier, rider encore, jusqu’à ce que les cuisses brûlent. Les filles dévoilent une énergie phénoménale, portées par l’excitation malgré le froid mordant et les flocons gig...

Aux portes de la nouvelle année

Perchées sur leur arbre Tawa, Nayla et Fibie savourent la toute dernière journée de l’année. Elles y ont construit une cabane. Et c’est depuis les branches qu’elles contemplent le monde. Elles envoient alors leurs vœux pour l’année à vernir. Plus d’harmonie, plus de joie, et la confiance de chacun en ses propres dons et perceptions extrasensorielles.  Le 28 décembre, nous avons accroché une shimenawa devant la porte de notre maison traditionnelle. On nous a expliqué que c’est un jour de bon augure. Le chiffre 8 est symbole d’expansion et d’infini.  Cette décoration, tressée en paille de riz, est alors, suspendue jusqu’au 7 ou au 15 janvier, selon les régions, avant d’être brûlée lors d’un feu de joie collectif, avec toute la communauté.  Placée à l’entrée, la shimenawa agit comme une frontière sacrée entre le monde terrestre et celui spirituel, ouvrant un espace sacré de protection. Elle invite Toshigami-sama, la divinité du Nouvel An, à venir habiter notre maison. Ce k...

Notre histoire est en librairie au Japon

Rencontres, signatures et premiers pas d’un livre à travers l’archipel. « Ils ont choisi de vivre nomades », le premier tome de la série, a trouvé sa place sur les étagères des librairies et chez Montbell à travers tout le Japon le 19 décembre 2025. Un aboutissement en soi, tant le chemin jusqu’à cette publication fut une aventure. Aujourd’hui, une nouvelle étape s’ouvre : celle de la rencontre, de la promotion, des conférences qui nous mèneront bientôt dans plusieurs villes du pays. Nous avons commencé par signer tous les livres précommandés. Ici dans notre petite maison traditionnelle puis à Inicle, au cœur des rizières en terrasse d’Ini, dans une chambre aux espaces épurés . Là-bas, nous étions chez Kota san, Haruka san et leur fille Su chan (Suzuha) face à ce paysage légendaire, où les rizières s’entrelacent en escalier au sein d’un cirque de montagnes. C’est majestueux. Le soir, un repas fabuleux nous attend. Le riz est cuit au feu de bois, du riz organique qui a été planté par...

Retour à Hiroshima — et dernier Sea to Summit à Yamaguchi

Ce matin, l’air est glacial, humide. Nous sortons de la tente enveloppés dans les odeurs d’humus de la forêt. Le soleil n’atteindra pas ce lieu isolé avant quelques heures. Nous décidons de partir avant le déjeuner, enveloppés de nos doudounes. Durant 20 kilomètres, nous suivons cette route étroite serpentant sur le flanc de la montagne inhabitée . La forêt s’étire dans toutes les directions, les sommets s’entrelacent sans fin. Nous sommes ces quatre points mouvants dans ce vaste vert profond, illuminés par endroits d’arbres aux couleurs de l’automne. Nous retrouvons la rivière, sa teinte cristalline aux reflets d’émeraude. Nous en longeons les flots, voie de sortie de cet antre mystérieuse. À mesure que nous avançons, un souffle d’inspiration se lève : il nous guide, nous enveloppe, nous entraîne toujours plus intimement au cœur de ce monde. Peu à peu surgissent des bulles d’émerveillement, nées des détails subtils que nos yeux perçoivent et que nos sens accueillent. Une lumière gl...