Ce matin, de fines traces de gelée recouvrent encore nos sacoches. Le soleil vient à peine de franchir les collines, mais le vent souffle déjà sur la steppe avec une froideur mordante. En sortant de la tente, nos doigts engourdis nous rappellent que malgré l'arrivée de l'été, les nuits restent rudes à près de 1'500 mètres d'altitude. Nous replions le camp lentement, un thé chaud entre les mains, avant de reprendre la route. Le vent est de face une fois encore. Il semble vouloir nous rappeler que rien n'est jamais acquis dans les steppes mongoles. Nous avançons lentement à travers les collines ondulantes. La piste grimpe, encore et encore, jusqu'à un nouveau col. Puis nous basculons de l'autre côté. Devant nous, les paysages s'ouvrent à nouveau. Mais le vent nous retient. Comme une main invisible posée sur nos vélos. Un immense chien surgit d'une yourte isolée. Il s'approche en courant, nous observe quelques instants, puis repart aussi soudainemen...
Un homme nous fait signe depuis le bord de la route. Nous nous arrêtons devant une petite bâtisse en béton qui fait office de cantine. À l'intérieur, trois lits occupent une partie de la pièce. Un poêle chauffe doucement et, au-dessus, une casserole de thé au lait mijote lentement. Nous nous installons. Le thé est servi avec des beignets encore chauds. Les filles se régalent. Notre hôte tente ensuite de nous apprendre quelques mots de mongol. Nous répétons tant bien que mal. Les éclats de rire se succèdent. Très vite, la conversation dérive vers les animaux. Nous imitons les chèvres, les chevaux, les yaks. Les sons ne sont manifestement pas les mêmes qu'en Europe. Les filles rient aux larmes. Quelques heures plus tard, nous reprenons notre route avec des boules de yogourt séché, les arurts. Puis plantons la tente au milieu de nulle part. Cette fois, nous sommes heureux d'avoir transporté suffisamment d'eau. Chaque litre compte. Les réserves occupent une place grandissa...