Nous venons de traverser notre plus haut col, à près de 3’000m, luttant contre un vent contraire dans un paysage minéral, lorsque s’offre enfin à nous une longue descente de plus de 70 kilomètres. La vallée se resserre peu à peu jusqu’à devenir un immense canyon. La rivière dessine une bande de vert dans ce monde de pierre. Après les vastes espaces, nous entrons dans un paysage plus intime, délimité par les parois rocheuses et les montagnes. Le vert apaise. L’eau qui coule aussi. Et puis apparaissent les yourtes blanches, entourées de troupeaux de yaks, de moutons et de chèvres. Les chevreaux gambadent, les petits yaks traversent la rivière et quelques yourtes fument au loin. Nous glissons avec un vent de dos qui nous pousse avec légèreté dans ce monde nomade. La vallée se resserre encore. Les montagnes s’élèvent autour de nous, rouges et ocres, contrastant avec le vert tendre de l’herbe. Même pour nous, ce vert est doux. Portés par le vent et la légèreté de la descente, nous oub...
Nous longeons l’Altai et ses montagnes mystiques. Une fois de plus, nous repartons pour de longues distances, traversant des paysages à couper le souffle. Des paysages qui ne se contentent pas d’être là : ils imposent leur présence. Ici, nous sommes les invités. Nous le savons. Tout est plus grand, plus loin, plus isolé. Le chemin nous entraîne toujours plus profondément au cœur d’une terre habitée par un souffle ancien, chamanique ; dans des espaces qui exigent l’humilité. La Mongolie nous dépouille de nos illusions, de nos attentes, de nos certitudes. Elle nous pousse à nous aligner au plus près de nous-mêmes, à écouter, à ressentir les énergies qui nous entourent. Être là, écouter, ressentir, et accepter de ne pas tout maîtriser. Nous quittons Khovd par un long col. Peu à peu, la rivière disparaît, ainsi que les quelques arbres. À l’Ovoo, une femme s’arrête, lance du lait dans les airs et adresse une prière aux esprits. Nous la regardons en silence. Pour cette longue traversée, nous...