Dans un petit village à peine noté sur la carte, nous retrouvons les épiceries regorgeant de fruits et de légumes frais, les produits chinois que nous avions presque oubliés. Pattes de poule, graines de tournesol, pains plats ouïghours. Et puis il y a les regards. Au marché, dans la rue, sur la route, on nous demande de prendre des photos de nous, ou plutôt on ne ne demande pas. Les voitures s’arrêtent parfois pour que toute la famille puisse immortaliser l'instant avec nous. Nous sommes devenus, sans vraiment le chercher, une petite curiosité locale. Nous descendons encore en altitude et entrons dans le désert de Gurbantünggüt, au nord du Xinjiang. À nouveau, le monde s’ouvre. Nu et torride. Une route principale traverse le désert. Une autre, plus petite, longe la rivière, mais ajoute cent cinquante kilomètres. Nous n’hésitons pas longtemps. Nous suivons l’eau. La route s’étire entre deux lignes de peupliers irrigués. Derrière eux, de vastes espaces nus. Des ruches apparaissent r...
Au poste frontière, on vide tout. Absolument tout. Chaque livre de Nayla et Fibie est contrôlé, jusque dans les petites sacoches où elles gardent leurs trésors personnels. Les omamori japonais, ces porte-bonheurs en tissu, attirent immédiatement l’attention. Les douaniers cherchent des cartes topographiques de la Chine imprimées au Japon. Apparemment, elles sont fausses… Puis la route. Une unique artère, surveillée. Des caméras tous les dix mètres, puis tous les deux cents, jusqu’à s’espacer tous les dix kilomètres. Des barrières de part et d’autre. Et des arbres. — Wow ! Tu as vu la taille des arbres ! s’exclame Fibie. Après des semaines dans les paysages ouverts de Mongolie, ils nous paraissent presque démesurés. Nous arrivons à Takeshiken. Un petit hôtel, l’eau courante, une douche chaude qui lave la poussière, et les odeurs d’épices qui montent de la rue. Nous l’avons fait. Nous avons traversé la Mongolie. D’autres défis se dressent aussitôt : trouver une carte SIM, facile, mais im...