Ce matin, c’est la tempête. La neige tombe a gros flocon et le vent glacial s’engouffre dans la vallée. Notre maison devient de plus en plus froide. Il fait à peine quelques degrés au réveil. Pourtant, le souffle de l’hiver est aussi délicieux. Il est ce tapis immaculé de blanc, le craquement de la neige à chaque pas, l’air frais qui caresse nos joues et cette douceur qu’offre la lumière bleutée de cette saison. Pâle, elle enchante le monde de magie et souligne sa fragilité. Au sommet de la montagne à Osorakan, les arbres sont drapés de neige. Sous ce manteau, ils deviennent des fantômes aux silhouettes étranges, figés dans le silence. Ils portent en eux la mémoire du froid mordant et des vents furieux qui se sont abattus sur la terre. Une force invisible et glaciale qui a marqué le lieu de son souffle. Et pourtant, sous cette blanche étreinte, un battement résonne. La vie palpite, fougueuse, libre, créatrice. Cet hiver nous offre un choix. Celui de prendre un moment pour entrer e...
L’hiver s’installe profondément. Le froid mord, vif et silencieux. Cette nuit, les nuages ont été inspirés: cinquante centimètres de neige fraîche, immaculée. J’adore ces matins, où tout est recouvert de ce doux manteau, ou le temps semble ralentir, où le silence règne, enveloppés de ce souffle blanc. Nous chaussons skis et snowboard, attirés par l’appel des montagnes, et rejoignons Osorakan le point culminant de la préfecture d’Hiroshima. Qui aurait imaginé qu’il était possible de skier tout à l’ouest du Japon ? À chaque virage, la neige s’élève en nuages légers et danse au-dessus de nos têtes. Puis elle se dépose sur nos joues glacées. Par moments, Nayla et Fibie disparaissent, nagent, luttent joyeusement dans cette mer de poudreuse avant de renaître un peu plus loin, rieuses. Nous profitons de chaque descente. Skier, rider encore, jusqu’à ce que les cuisses brûlent. Les filles dévoilent une énergie phénoménale, portées par l’excitation malgré le froid mordant et les flocons gig...