Le lendemain, le désert a changé de visage. La fraîcheur des matins appartient déjà au passé. Lorsque nous ouvrons la tente, la chaleur est là. Douce encore, mais bien présente. Nous savons qu'elle ne fera qu'augmenter au fil des heures. Nous longeons les rives du lac Khyargas, entre longues montées et longues descentes. Cette fois, nous n'attendons pas. Après quelques dizaines kilomètres, nous quittons la route. Le lac n'est plus qu'à quelques centaines de mètres. Notre thermomètre affiche 43 °C. Nous tendons la tarp pour avoir un peu d'ombre, puis nous courons vers l'eau. L'eau est fraîche, et le sel nous porte. Nos corps deviennent soudain plus légers, comme si la fatigue des derniers jours se dissolvait peu à peu dans le lac. Nous restons là à flotter. Puis nous reprenons la route, jusqu’au prochain point d’eau. Soulagés de le rejoindre avec la chaleur. Soudain, les rochers nous interpellent. Nous avons souvent l'impression de marcher sur la terr...
Le désert ne nous a pas accueillis avec de grandes dunes. Il s'est révélé autrement. Au moment de plier la tente. Dans le silence. Dans la poussière qui s'infiltre partout. Dans un petit lézard qui file entre les pierres. Puis dans cette étrange sauterelle au corps robuste, dont le long oviscapte ressemble à un sabre. La fatigue de la veille s'efface aussitôt. Nayla et Fibie partent à leur rencontre. Sans même nous en rendre compte, nous venions d'entrer dans le désert. Quelques centaines de mètres à pousser les vélos, puis soudain, un battement d'ailes. Une colonie entière d'oiseaux s'élève devant nous. Comme si le désert prenait soudain son envol. Hier encore, nous avions le sentiment d'entrer dans un monde presque vide. En réalité, nous commencions seulement à apprendre à le regarder. Quelques kilomètres plus loin, nous atteignons enfin les formations rocheuses que nous poursuivions depuis la veille. Leurs formes insolites donnent libre cours à l'...