Ce matin, l’air est glacial, humide. Nous sortons de la tente enveloppés dans les odeurs d’humus de la forêt. Le soleil n’atteindra pas ce lieu isolé avant quelques heures. Nous décidons de partir avant le déjeuner, enveloppés de nos doudounes. Durant 20 kilomètres, nous suivons cette route étroite serpentant sur le flanc de la montagne inhabitée . La forêt s’étire dans toutes les directions, les sommets s’entrelacent sans fin. Nous sommes ces quatre points mouvants dans ce vaste vert profond, illuminés par endroits d’arbres aux couleurs de l’automne. Nous retrouvons la rivière, sa teinte cristalline aux reflets d’émeraude. Nous en longeons les flots, voie de sortie de cet antre mystérieuse. À mesure que nous avançons, un souffle d’inspiration se lève : il nous guide, nous enveloppe, nous entraîne toujours plus intimement au cœur de ce monde. Peu à peu surgissent des bulles d’émerveillement, nées des détails subtils que nos yeux perçoivent et que nos sens accueillent. Une lumière gl...