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Affichage des articles associés au libellé Bikepacking

Le Naadam que nous pensions ne jamais voir

Khovd apparaît comme une respiration. La ville repose dans une vaste plaine, enlacée par d'étonnantes montagnes orangées aux formes sculptées par le vent. Une rivière y dessine des méandres entre les yourtes blanches et, surtout, il y a des arbres. De vrais grands arbres. Leurs feuilles bruissent doucement au-dessus de nos têtes. Après tant de kilomètres passés sous un ciel immense, leur ombre est une retrouvaille. Khovd donne l'impression d'être à la croisée des mondes. Son marché en est sans doute le meilleur reflet. Ce n'est pas seulement un endroit où l'on vient acheter quelques provisions. C'est un lieu où l'on prend le pouls de toute une région. Les cris des marchands se mélangent à l'odeur de la viande fraîche, du charbon, de la poussière. Les pick-up arrivent de toutes les directions, chargés de montagne de pastèque, de bidons de lait, ou parfois d'un mouton fraîchement découpé . — « Goûte ! » Une femme nous tend un arrul. Son visage s'i...

Face à la tempête : la chute, l’infini et 100 km

Tout semble s’accélérer dès notre retour en Mongolie. Même au passage de la frontière, les orages s’abattent au moment précis où nous dînons au sommet du col. Pas de pause : nous sommes poussés à avancer. Dans la grande descente vers Tsaganuur, l’orage revient de plus belle, plus fort, plus sombre. Les vents sont furieux, nous poussant avec un élan de rage. Nous plongeons à toute vitesse dans cet univers infini, parsemé de yourtes blanches, retrouvant les grands troupeaux de moutons et de chèvres . Nous sommes précipités encore plus rapidement vers ce qui est présent mais que parfois nous refusons de voir. Fibie, lancée à 50 km/h, fait une chute monumentale. Le visage en sang, la veste déchirée, le ventre brûlé par l’impact avec le guidon, sa roue voilée dessine désormais le symbole de l’infini. Et l’orage qui arrive, plus violent encore. Il faut décider vite. Nayla change de positionnement. Calme sa décision est tranchante: elle monte dans la voiture d’inconnus kazakhs que nous avons ...

Grandir dans un monde où les frontières sont des horizons

À Kharkhorin, les sensations ont le goût des retrouvailles. Derrière les ger apparaissent les murs du monastère d'Erdene Zuu. Les 108 stupas blancs se dressent sous le ciel mongol, et le vent souffle toujours avec la même liberté. Puis il y a ce visage. Celui qui nous avait accueillis douze ans plus tôt, lorsque l'hiver régnait sur les steppes et que le thermomètre affichait -30°C. Nous nous souvenons de la chaleur de cette ger, de la fumée du poêle, de cette impression d'être arrivés au bout du monde. Cette fois pourtant, tout est différent. La première fois, nous regardions la Mongolie à deux. Aujourd'hui, nous nous y abandonnons à quatre. Quelques jours de nourriture remplissent les sacoches. Vingt litres d'eau alourdissent les vélos. Puis vient ce moment familier : celui où il faut quitter ce qui est connu. Le village disparaît peu à peu derrière nous. Les clôtures s'effacent, puis les toits colorés. Quelques chevaux lèvent la tête avant de retourner à leur ...

Sous le ciel de Mongolie, huit ans après 

La Mongolie apparaît. Immense. Sauvage. Indomptable. Les reliefs apparaissent lentement sous la lumière du soleil, comme les traits anciens d’un visage. Une première yourte se dessine à l’horizon. Autour, l’infini des steppes. Lena et Claude nous attendent. Et soudain, l’émotion monte, les yeux brillent. Huit ans, déjà. Et pourtant, c’est comme si l’on s’était quitté hier. Lena a grandi. Elle a 20 ans désormais. Elle guide des motos à travers les steppes mongoles, et sait imposer sa voix. Claude est là aussi. Grand voyageur, charismatique, il est toujours animé par cette flamme. Nous retrouvons notre ami. Et puis, d’un seul coup, nous y sommes vraiment. En Mongolie. Par moments, l’odeur du mouton apparaît sans prévenir. Les yogourts portent le goût de la steppe, comme les senteurs d’armoise lorsque l’on marche. Les emballages inscrits en cyrillique réveillent des souvenirs de routes lointaines. On boit même du lait de chamelle, épais, délicieux, comme si nous étions déjà au c...