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Affichage des articles associés au libellé Vie nomade

Les dernières yourtes - 250 km avant le prochain village

Deux cent cinquante kilomètres. C'est la distance qui nous sépare du prochain village. La nourriture ne nous inquiète pas. Nous pouvons emporter cinq jours de vivres pour quatre personnes. L'eau, en revanche, décide de tout. Chaque point d'eau devient une étape. Chaque étape conditionne la suivante. Il faudra arriver à temps. Le froid, étonnamment, est presque une bonne nouvelle. Les températures descendent encore à deux degrés au lever du jour. Nous consommerons moins d'eau. En revanche, le vent sera contre nous. Comme très souvent. Le vent suit son propre rythme. Nous avons simplement appris à l'écouter. Le matin, il sommeille encore. Puis, vers neuf heures, il s'éveille. Heure après heure, il gagne en puissance. Alors nous partirons tôt. Très tôt. Chaque kilomètre parcouru avant son arrivée sera un cadeau. Le véritable départ a lieu bien avant le premier coup de pédale. La traversée se prépare surtout dans la tête. Bien sûr, nous ne serons jamais complètement...

Là où les mondes se rencontrent

Dans les petites agglomération quelque chose nous trouble. Ce n'est pas le paysage. Non, c'est une sensation plus difficile à saisir. Comme l'impression d'apercevoir les contours d'une autre Mongolie . Debout à l'angle d'un bâtiment, nous observons le marché. Les hommes en deel arrivent à moto, le visage tanné par le soleil et le vent. À quelques mètres de là, d'autres descendent de gros 4x4, smartphone à l'oreille et dernières tendances de la capitale dans leurs poches. Deux mondes se croisent. Les écarts de niveau de vie paraissent plus visibles qu'auparavant. Certains jeunes semblent davantage tournés vers Oulan-Bator que vers la steppe. Les familles nomades sont moins nombreuses. Et l'alcool laisse parfois des traces qu'il est difficile d'ignorer. La Mongolie se transforme. Les peuples nomades ont toujours su s'adapter. Aux saisons, aux empires, aux changements politiques. Pourtant, en traversant ces terres immenses, nous avo...

Le théâtre du ciel

Un homme nous fait signe depuis le bord de la route. Nous nous arrêtons devant une petite bâtisse en béton qui fait office de cantine. À l'intérieur, trois lits occupent une partie de la pièce. Un poêle chauffe doucement et, au-dessus, une casserole de thé au lait mijote lentement.  Nous nous installons. Le thé est servi avec des beignets encore chauds. Les filles se régalent. Notre hôte tente ensuite de nous apprendre quelques mots de mongol. Nous répétons tant bien que mal. Les éclats de rire se succèdent. Très vite, la conversation dérive vers les animaux. Nous imitons les chèvres, les chevaux, les yaks. Les sons ne sont manifestement pas les mêmes qu'en Europe. Les filles rient aux larmes. Quelques heures plus tard, nous reprenons notre route avec des boules de yogourt séché, les arurts. Puis plantons la tente au milieu de nulle part. Cette fois, nous sommes heureux d'avoir transporté suffisamment d'eau. Chaque litre compte. Les réserves occupent une place grandissa...