Deux cent cinquante kilomètres. C'est la distance qui nous sépare du prochain village. La nourriture ne nous inquiète pas. Nous pouvons emporter cinq jours de vivres pour quatre personnes. L'eau, en revanche, décide de tout. Chaque point d'eau devient une étape. Chaque étape conditionne la suivante. Il faudra arriver à temps. Le froid, étonnamment, est presque une bonne nouvelle. Les températures descendent encore à deux degrés au lever du jour. Nous consommerons moins d'eau. En revanche, le vent sera contre nous. Comme très souvent. Le vent suit son propre rythme. Nous avons simplement appris à l'écouter. Le matin, il sommeille encore. Puis, vers neuf heures, il s'éveille. Heure après heure, il gagne en puissance. Alors nous partirons tôt. Très tôt. Chaque kilomètre parcouru avant son arrivée sera un cadeau. Le véritable départ a lieu bien avant le premier coup de pédale. La traversée se prépare surtout dans la tête. Bien sûr, nous ne serons jamais complètement...