Nous venons de traverser notre plus haut col, à près de 3’000m, luttant contre un vent contraire dans un paysage minéral, lorsque s’offre enfin à nous une longue descente de plus de 70 kilomètres. La vallée se resserre peu à peu jusqu’à devenir un immense canyon. La rivière dessine une bande de vert dans ce monde de pierre. Après les vastes espaces, nous entrons dans un paysage plus intime, délimité par les parois rocheuses et les montagnes. Le vert apaise. L’eau qui coule aussi. Et puis apparaissent les yourtes blanches, entourées de troupeaux de yaks, de moutons et de chèvres. Les chevreaux gambadent, les petits yaks traversent la rivière et quelques yourtes fument au loin. Nous glissons avec un vent de dos qui nous pousse avec légèreté dans ce monde nomade. La vallée se resserre encore. Les montagnes s’élèvent autour de nous, rouges et ocres, contrastant avec le vert tendre de l’herbe. Même pour nous, ce vert est doux. Portés par le vent et la légèreté de la descente, nous oub...