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Affichage des articles associés au libellé Corée du Sud

Sur des ailes de renouveau

La Corée se termine La Mongolie commence après. Entre les deux, il y a ce passage étrange où tout semble encore présent et déjà en train de s’éloigner. La Corée a été un souffle, une légèreté, une succession de paysages verts et de rencontres simples, comme si tout s’était accordé avec fluidité, porté sur des ailes de renouveau et de joie . Nous pouvions simplement nous laisser vivre. Il y avait des paysages vert vif, des montagnes élégantes, des passages au coeur des vallées et les vues aux sommets. Il y avait surtout une sensation d’être au bon endroit au bon moment, comme si tout se déroulait au-delà de nous, comme cette carte d’itinéraire saisie par hasard. Il y avait surtout cette douceur incarnée dans la piste cyclable et les lieux magiques où nous campions. Il y avait cette innocence et l’accueil simple de ce qui est. Nous sommes si bien ici, et même si nous savons que c’est le moment de rejoindre la Mongolie, quelque chose en nous a envie de rester, de prolonger cette douceur...

Des montagnes jusqu’aux lumières de la ville

Ça monte encore et encore, une pente à 14 % sur 1,5 km, mais les chiffres ne disent pas grand-chose de ce que l’on ressent. La nouvelle route grimpe droit dans la montagne, sans chercher à l’éviter, sans détour, comme si elle refusait toute négociation avec le relief . « Comment font-ils ici en hiver ? quand tout doit disparaître sous la neige ? ». Cette question revient surtout pour occuper mon esprit, pour masquer l’immense frustration de cette montée qui semble ne jamais vouloir finir. Alors qu’on voit se dessiner l’ancienne route en serpentin… Il nous faut une heure pour hisser les vélos, à la force des bras . Une heure lente, d’un effort intense où l’on monte, puis redescend chercher les filles, pour remonter encore. Les gestes s’enchaînent comme un mouvement sans fin. La Corée nous surprend ainsi à chaque col, avec ces pentes qui semblent toujours plus raides que les précédentes, comme si le paysage testait notre obstination. Surtout avec le poids de nos vélos chargés. Les de...

Derrière les sommets, un pays invisible

Nous longeons la côte est. La route caresse la mer turquoise, puis s’égare parfois dans quelques montées abruptes. Soudain, un chemin apparaît. Il mène à un temple. Nous nous y glissons avec émerveillement et découvrons l’antre du phénix . Majestueux, éclatant, fascinant, l’oiseau de feu semble appeler à la renaissance. Ceux venus prier se prosternent et tournent autour de lui avec lenteur. Alors nous suivons le mouvement, nous aussi, honorant cet être mystique et tout ce qu’il symbolise. Une forêt de pins nous accueille au bord de l’océan. Les vagues sont tumultueuses, pourtant l’eau est d’une beauté saisissante. Fibie adore jouer dans le sable ; elle s’y plonge littéralement. Puis elle se met à faire de la gymnastique : des roues, encore et encore, comme si le rivage lui offrait un immense terrain de liberté. La météo annonce des pluies torrentielles pour demain. Nous cherchons alors un refuge parfait. Nous découvrons un pavillon, bien abrités… pourtant, quelque chose nous souffle ...

Du Japon à la Corée : changer de monde

Nous posons le pied en Corée du Sud, dans le petit port de Donghae. Il n’y a qu’un ferry par semaine. C’est une arrivée discrète, presque inaperçue. Le Japon occupait encore tout l’espace en nous. Nous n’avons rien préparé. Alors nous arrivons ainsi, ouverts, un peu perdus, comme au seuil d’un nouveau monde. À la sortie de l’immigration, une grosse poule, un coq majestueux traversent la rue. Premier signe que quelque chose change. Comme un clin d’œil du réel. Comme un rappel aussi; ici, on roule à droite ! Alors nous avançons les sens éveillés. Très vite, une autre énergie se fait sentir. Les voix sont plus franches, plus présentes. Une chaleur différente émerge, moins retenue, plus directe. Comme si chacun occupait pleinement sa place. Il y a aussi une sensation d’ouverture. La Corée du Sud a toujours été un territoire de passages pour moi. Un espace où je peux me retrouver, me réaligner. Où de nouvelles voies apparaissent, presque naturellement. Les intuitions émergent avec p...

Retrouvailles après une nuit mouvementée

Nous sommes au bord de la tente en train de préparer un repas à base de millet et de légumes frais. La légère pluie devient de plus en plus forte. Ce ne sont plus des flaques sur la route, mais un ruissellement, le sol se gorge d’eau. Je scrute le ciel. Les éléments se déchaînent. Le vent devient violent. Les sardines lâchent. La tarpe claque et promet de se déchirer alors que le montant est tombé. Je le maintiens sous la pluie diluvienne et le vent me fouette le visage. Les bourrasques augmentent encore en puissance et nous recevons régulièrement maintenant des messages d’alertes sur notre téléphone portables. Forte pluie, vent puissant, glissements de terrain, routes fermées.  À 21 heures, la tempête bat toujours son plein et ne donne aucun signe de faiblesse. Nous savons que la nuit va être longue. Il faudra être à l’affût du moindre changement de situation. Soudain, le haut-parleur s’enclenche et une annonce bruyante résonne dans la nuit mouvementée. Quelques minutes plus tard,...