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Affichage des articles associés au libellé Ovoo

Quand le monde retire ses limites

Nous atteignons un grand ovoo, un monticule de pierres dressé sur la crête. Les drapeaux bleus claquent dans le vent. Un brûleur d'encens, un crâne de cheval, une théière, quelques tasses, une bouteille de vodka vide et des os blanchis ont été déposés là en offrande pour les esprits. Je fais trois fois le tour de l'ovoo. Je ne sais pas si je me sens reliée aux esprits du vent dont parlent les Mongols. Mais une chose est certaine : cette terre porte une présence . C’est indéniable. Alors, silencieusement, je lui demande l'autorisation de passer. Car ce qui se dévoile devant nous dépasse tout ce que nous avons traversé depuis Ulaan Baatar. La terre s'étire dans toutes les directions. Pas une yourte. Pas un troupeau. Pas même un poteau électrique. Rien. Seulement l'espace. Une immensité si vaste qu'elle en devient presque vertigineuse. Comme si le monde avait soudainement retiré ses limites. Nous recevons une bouffée d’espace. Et pourtant, ce paysage n'a rien ...

Les cols de l'Arkhangai se méritent

Le vent dort encore. Nous en profitons. À six heures du matin, la vallée est silencieuse. Les yaks broutent autour de la tente lorsque nous quittons notre bivouac . Les montagnes sont déjà là, immenses, mais elles semblent presque paisibles avant le réveil du vent. Car ici, il finit toujours par arriver. Avant midi. Parfois plus tôt. Souvent plus fort que la veille. Mais toujours présent. Depuis plusieurs jours, notre traversée de la Mongolie ressemble à un étrange dialogue avec lui. Nous roulons tôt. Lui finit toujours par nous rattraper. Puis nous passons le reste de la journée à négocier. Depuis Tsetserleg, les cols s'enchaînent. À chaque sommet, un ovoo veille sur la vallée suivante. Nous faisons une courte pause, observons l'horizon, puis replongeons dans un nouveau monde. Les montagnes semblent infinies. Les distances aussi. Un matin, nous profitons du calme pour parcourir vingt kilomètres avant le déjeuner. Puis nous repartons vers le col suivant. La montée s'étire ...