Nous atteignons un grand ovoo, un monticule de pierres dressé sur la crête. Les drapeaux bleus claquent dans le vent. Un brûleur d'encens, un crâne de cheval, une théière, quelques tasses, une bouteille de vodka vide et des os blanchis ont été déposés là en offrande pour les esprits. Je fais trois fois le tour de l'ovoo. Je ne sais pas si je me sens reliée aux esprits du vent dont parlent les Mongols. Mais une chose est certaine : cette terre porte une présence . C’est indéniable. Alors, silencieusement, je lui demande l'autorisation de passer. Car ce qui se dévoile devant nous dépasse tout ce que nous avons traversé depuis Ulaan Baatar. La terre s'étire dans toutes les directions. Pas une yourte. Pas un troupeau. Pas même un poteau électrique. Rien. Seulement l'espace. Une immensité si vaste qu'elle en devient presque vertigineuse. Comme si le monde avait soudainement retiré ses limites. Nous recevons une bouffée d’espace. Et pourtant, ce paysage n'a rien ...