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100’000 km à vélo


Les terres sauvages d’Hokkaido s’ouvrent à nous, majestueuses. Nous nous reconnectons à la puissante énergie de ce lieu si particulier, à son souffle de liberté. Plongés dans ces espaces inspirants, nous ne voyons même pas le compteur tourner.

Soudain, non loin du village d’Higashikawa, au pied du parc national de Daisetsuzan, nous réalisons que nous avons déjà dépassé de plus de 5 kilomètres cette ligne invisible.

Nous hurlons, crions, rions, afin d’imprimer en nous non seulement ce moment, mais aussi le lieu, les senteurs, nos sensations.


Nous venons de franchir cette ligne invisible des 100 000 km sur les routes du monde.

Il y a eu de nombreuses fois où 100 km nous ont semblé légers, faciles, inspirants — parfois même 200 ou 300 km. Pourtant, à chaque millier de kilomètres, nous avons été ballotés par des imprévus, des tempêtes, des incompréhensions culturelles, des coups de gueule, des doutes.

À chaque millier de kilomètres, nous avons dû puiser dans nos ressources pour vivre cette vie qui nous fait sortir de notre zone de confort à tant de niveaux.

À chaque millier de kilomètres, nous avons dû trouver un moyen de vivre en harmonie ensemble, dans une autre culture et avec l’environnement qui nous entoure.

À cet instant précis, ce n’est pourtant pas le courage, le défi, ou le poids de ce que nous avons enduré qui résonne en nous.

Au contraire, c’est une puissante sensation de gratitude.

La gratitude d’avoir mis au centre de notre vie ce qui compte le plus.
La gratitude d’avoir traversé les épreuves ensemble.
La gratitude de continuer à vivre cette vie que nous créons et d’être guidés sur ce chemin.

100 000 km, c’est surtout inscrire qu’il existe d’autres possibles, d’autres voies — dans notre manière de vivre, d’être en relation avec notre environnement, d’être parents, et d’éduquer nos enfants.

Emmenons nos enfants dans la nature : c’est le premier pas pour retrouver notre plein potentiel et devenir les créateurs d’une vie en harmonie avec les lois du vivant.

Plus que jamais, nous poursuivons cette vie, et nous semons des graines sur notre passage pour célébrer qu’aujourd’hui, un autre présent est possible.


Céline, Xavier, Nayla et Fibie


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