Nous quittons le campement installé au sommet du col, sous la protection silencieuse d'un crâne de bélier.
Au réveil, le vent règne déjà sur la steppe avec la même puissance que les jours précédents.
Mais il a changé de camp.
Pour la première fois depuis longtemps, il est dans notre dos.

Il nous emporte à travers la steppe.
Fibie se laisse glisser dans une longue descente. Son compteur affiche 42 km/h.
— J'ai l'impression de voler !
Comme un aigle porté par les courants invisibles.
À l'horizon, toujours aucune yourte. Aucun poteau électrique.
Seulement l'espace.
Pourtant rien n'est vide ici.
Notre regard s'est habitué à chercher autre chose. Une marmotte qui siffle avant de disparaître dans son terrier. Un oiseau qui s'élance. Un aigle qui plane. Le chant du vent dans l'herbe.
Avec le vent de face, ces paysages dévoilent leur austérité. Ils semblent immenses, presque capables de nous engloutir. Chaque kilomètre rappelle l'incertitude du prochain point d'eau, la réalité de notre autonomie, la fragilité de notre progression.
Pourtant, aujourd'hui, rien n'a changé.
Le vent souffle sur les mêmes collines.
Le même ciel recouvre la steppe. Toujours aussi vaste.
Seul le vent a tourné. Et avec lui, quelque chose en nous.
Alors ces espaces ne nous paraissent plus hostiles. Ils deviennent légers. Comme si les obstacles s'effaçaient. Comme si la vie elle-même nous portait à travers ces immensités.
Le même ciel recouvre la steppe. Toujours aussi vaste.
Seul le vent a tourné. Et avec lui, quelque chose en nous.
Alors ces espaces ne nous paraissent plus hostiles. Ils deviennent légers. Comme si les obstacles s'effaçaient. Comme si la vie elle-même nous portait à travers ces immensités.
Peut-être qu'un paysage ne se découvre jamais vraiment avec les yeux. Peut-être qu'il se révèle à travers l'état dans lequel nous le traversons.
Alors la steppe s'ouvre davantage. Ou peut-être est-ce nous.
Les frontières deviennent moins nettes. Le paysage n'est plus devant nous.
Nous sommes dedans.
Nos pensées s'étirent aussi loin que l'horizon. Les rêves semblent soudain plus proches, comme s'il suffisait de les confier au vent.
Une joie simple nous accompagne. Presque une euphorie.
Puis apparaît un lac. Un lac salé bordé d'une poudre blanche cristalline. Le bleu de l'eau, le blanc des rives, quelques formations rocheuses, les collines douces au loin. Tout semble s'être accordé pour composer un tableau inspirant.
Et, pour quelques instants, nous n'avons plus l'impression de traverser le paysage. Nous avons l'impression de lui appartenir.
C'est ainsi que nous atteignons Songino.
Après des jours dans la steppe, nous nous installons dans une yourte pour deux nuits de repos. Nous en avons besoin. Le soleil, le vent et les kilomètres ont tanné nos visages.
Après des jours dans la steppe, nous nous installons dans une yourte pour deux nuits de repos. Nous en avons besoin. Le soleil, le vent et les kilomètres ont tanné nos visages.
Céline, Xavier, Nayla et Fibie
- Suivre ce blog -
_______________________________________
Suivez-nous également sur:








Commentaires
Enregistrer un commentaire
Merci pour votre message.