Soudain, la lumière bascule.
Le ciel se ferme, noir d’encre.
Puis, la déchirure : des éclairs zèbrent la voûte, lignes blanches et crues qui lacèrent l’obscurité.

Le tonnerre roule, un grondement grave qui fait vibrer la steppe entière jusqu’aux cimes lointaines.
Le lac, turquoise et lisse, vire au noir. Ses vaguelettes se hachent. L’eau est tourmentée.
Et le vent s’en mêle. Ce n’est pas une brise, c’est une meute.
Dans ce paysage sans frein, il s’emballe, galope comme les chevaux sauvages, nous coupant le souffle, nous clouant au sol.
Puis le déluge s’abat : une pluie glaciale, horizontale, cinglante. Nous marchons sur un permafrost géant, où la moyenne annuelle oscille au-dessous de zéro. Le matin, il gèle presque ; le soleil, à 2000 mètres, brûle vite. Mais quand le front est là, le froid mord la peau, violent.
La tempête dure, indifférente, lancinante.

Puis s’éloigne aussi vite qu’elle est venue. Elle laisse derrière elle un vent qui souffle encore des heures
Persévérant.
Infatigable
A l’image de cette terre brute et sauvage.
Celine, Xavier, Nayla et Fibie
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