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500 km avant 5 ans!



Fibie passe ces 500 km à vélo, entre le Canada, la Suisse, la Tchéquie, l’Allemagne et la Pologne.


L’un après l’autre, nous étendons tous notre équipement sur l’herbe d’une place de jeux. Souvent, nous faisons sécher la tente à midi, parfois les thermarests et sacs de couchage à cause de l’humidité. Mais cette fois, nous avons roulé sous une pluie continue transformée en trombe d’eau en fin de journée. Nous étions tous détrempés. Nous sommes soulagés qu’après la nuit agitée par le bruit sourd de la pluie battante sur la toile, le soleil réapparaisse.


Nous séchons tout notre matériel après les jours de pluie


Ce matin-là, nous nous étions levés face à l’Abbaye de Lubiąż. Gigantesque, c’est un des plus grands monastères cisterciens avec sa façade de 223 m de long. Fondé en 1175 sur un ancien temple de bénédiction, il connaît son âge d’or au XVII siècle. Il est alors embelli par des décorations de style baroque. Lors du IIIe Reich, il aurait été un laboratoire pour diverses technologies, mais aussi l’emplacement d’un trésor de guerre, qui a été repris par les Soviétiques. Arrivés dans la ville de Lubiąż, nous étions alors accueillis par les sourires de la population, interloqués par vos vélos et comme pour nous apporter une forme de bienveillance face à la morosité du temps. Nayla et Fibie s’étaient exclamées devant le jeu d’échecs grandeur nature. Ignorant totalement la pluie, elles auraient joué sous l’averse.


Vue sur l’Abbaye de Lubiąż


Maintenant, nous traversons les campagnes sous un ciel bleu roi. Les routes pavées nous conduisent au coeur des petits villages, par moment ces chaussées se poursuivent sur plusieurs kilomètres, chahutant nos vélos et nos corps. Nous sommes alors bousculés, avançant lentement vu le poids de notre chargement. Puis ces voies se transforment, ce sont désormais une piste en sable. Les grains collent à la graisse fraîche que Xavier a appliquée provoquant des grincements qui nous laissent imaginer l’ampleur du problème. Pourtant, nous sommes charmés par le paysage. Nous roulons le long de marais et d’étendues d’eau dans une zone protégée. Le bleu pastel de l’eau contraste avec le vert des forêts. Les couleurs sont incroyables. Et, cette étendue nous offre une vue imprenable que les oiseaux qui y vivent. C’est alors qu’un cygne s’envole. Le bruit du battement des ailes nous fait ressentir leur puissance et la force qu’il utilise pour décoller. Puis il passe sur nos têtes et nous sommes le témoin de son vol majestueux, de l’ampleur de son envergure.


A travers les étendues d’eau dans la région de Milicz


Par moment, Nayla s’assied et prend son livre de croquis pour dessiner un monument ou un paysage. Fibie préfère utiliser ces crayons pour représenter les animaux qu’elle rencontre. Dans les forêts, elles aiment construire des abris pour les êtres invisibles, de petites maisons à deux étages recouvertes de mousses. Aujourd’hui, c’est surtout une grande célébration! Fibie vient de rouler ces premiers 500km à travers le monde. Avant cinq ans, elle a déjà pédalé au Canada, en Allemagne, en Suisse, en Tchéquie et en Pologne. Elle avait tant envie de passer cette ligne invisible avant son anniversaire! Elle est fière de sa réussite, mais surtout de rouler avec nous, d’être sur son petit vélo et lorsqu’elle arrive au sommet des montées! À chaque fois, nous sentons sa détermination et sa joie de pédaler!


Fibie chante sur son vélo



 Céline, Xavier, Nayla et Fibie

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