Le ciel change brusquement. Un orag e approche, le vent se lève et les premières gouttes commencent à tomber. Nous avons à peine le temps de ramasser nos affaires avant de nous mettre à l’abri. Nous attendons sous les arbres que la colère du ciel passe. Puis, peu à peu, tout se calme. La rivière continue de couler. Les aigles tournent à nouveau au-dessus des falaises. Au réveil, nous nous baignons encore. Impossible de partir sans en profiter une dernière fois. Quelques virages encore dans le canyon étroit, puis soudain, nous en sortons. L’espace s’ouvre à nouveau. Immense jusqu’aux prochaines montagnes au loin. L’horizon revient, comme toile de fond. Après le canyon, cette ouverture est presque physique. Elle libère le regard, l’esprit, le corps. Et pourtant, nous entrons à nouveau dans le désert. Les paysages deviennent rouges, minéraux, écrasés par la chaleur. Le vent revient de face. Des terrains sablonneux, des chameaux, quelques saxaouls. Et ce vaste et somptueux rien jusqu’à la ...