La Mongolie apparaît.
Immense. Sauvage. Indomptable.
Les reliefs apparaissent lentement sous la lumière du soleil, comme les traits anciens d’un visage. Une première yourte se dessine à l’horizon. Autour, l’infini des steppes.
Lena et Claude nous attendent.
Et soudain, l’émotion monte, les yeux brillent. Huit ans, déjà. Et pourtant, c’est comme si l’on s’était quitté hier. Lena a grandi. Elle a 20 ans désormais. Elle guide des motos à travers les steppes mongoles, et sait imposer sa voix.
Claude est là aussi. Grand voyageur, charismatique, il est toujours animé par cette flamme. Nous retrouvons notre ami.
Et puis, d’un seul coup, nous y sommes vraiment.
En Mongolie.
Par moments, l’odeur du mouton apparaît sans prévenir. Les yogourts portent le goût de la steppe, comme les senteurs d’armoise lorsque l’on marche. Les emballages inscrits en cyrillique réveillent des souvenirs de routes lointaines. On boit même du lait de chamelle, épais, délicieux, comme si nous étions déjà au coeur du Gobi.
Nous sommes déboussolés. Tout a changé. Les arbres ont disparu. L’air est si sec qu’il brûle nos lèvres et nos narines. Après le Japon humide et foisonnant, la Mongolie semble être son opposé absolu. Et pourtant, nous retrouvons : les fruits secs, les yaourts, les kuruts, ces fromages durs comme des pierres, et l’aneth qui parfume les plats. Heureusement, Batma nous prépare aussi des plats aux saveurs de la Malaisie.
Puis le vent se lève.
Brutal. Glacial. Vivant. Il soulève la terre dans d’immenses tourbillons. Le paysage disparaît derrière un voile de poussière et de sable. Nous avançons en sentant sa force peser contre nos corps. Ici, dès les premiers instants, le vent s’impose comme le véritable maître des lieux.
Nous comprenons immédiatement qu’il ne faudra pas lutter contre lui.
Seulement apprendre à le respecter. Il souligne encore davantage l’infini des paysages que nous allons traverser. Il agrandit tout : les distances, les silences, les doutes aussi.
Nous sommes encore à l’abri, dans une sorte de cocon fragile. Mais déjà, la steppe travaille nos pensées. Quel itinéraire choisir ? Quelle voie suivre dans cette immensité ? Nous hésitons encore. Probablement que nous choisirons au dernier moment.
Pour l’instant, nous nous occupons de nos vélos. Même si Claude nous déroute pour quelques heures avec un tour en moto. Juste pour nous donner le goût, pas assez pour nous faire changer d’avis.
Nous partageons des plats, des rires, des souvenirs. Et le retour de Cheke et Khusleen. Cette fois, nous sommes tous réunis. Encore quelques jours. La prochaine fois, on se promet de ne pas attendre huit ans.
Nous savourons ces derniers instants suspendus avec nos amis, avant que la steppe ne nous emporte vers l’inconnu, et nous engloutisse.
Céline, Xavier, Nayla et Fibie
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Hello ! Comment avez vous rejoint la Mongolie depuis la Corée du Sud ?… bon courage à vous 4 si le vent ne devait pas toujours être votre allié !
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