Qui aurait cru qu’un musée, ou plutôt une galerie, verrait le jour pour nous ?
Nayla et Fibie ont aidé à peindre la dépendance de la maison. Sur les murs, des tableaux ont été accroché. Ils racontent une partie de notre chemin, bien sûr... mais surtout notre manière de vivre, notre façon de grandir ensemble. Une philosophie tissée au fil des jour.
Parce que notre équilibre est vivant. Fragile et puissant à la fois. Il se tisse d’amour, de confiance et de cet espace précieux où l’on peut essayer, se tromper, tomber… puis se relever, et continuer à grandir.
Et puis, il y a aussi l’ancien cadre de Nayla et Fibie. Il a traversé 11 pays, les 47 préfectures japonaises, et plus de 20 000 kilomètres. Un témoin silencieux de notre aventure.
Le jour de la cérémonie d’ouverture arrive. Nous coupons le ruban au son des trompettes; des musiciens venus spécialement pour l’occasion, qui offrent même quelques morceaux supplémentaires. L’instant est joyeux, vibrant. Il est rempli de joie, de gratitude, et d’un léger vertige face à ce qui est en train de se passer.
Nous partageons notre bonheur de voir ce lieu devenir bien plus qu’un simple espace : un refuge pour les cyclistes de passage, un endroit pour se reposer, réparer, échanger. Mais surtout, un lieu d’inspiration. Car au fond, ce n’est pas tant notre histoire qui compte… c’est ce qu’elle peut éveiller chez les autres. Ce frisson intérieur, cet élan d’oser, d’ouvrir ses ailes, et de créer, jour après jour, son propre chemin. D’oser écrire la page blanche de sa vie.
Les filles grimpent sur Tawa, le kashi japonais, une sorte de chêne, et, perchées dans ses branches, elles lancent des mochis, selon la tradition. Cela est censé porter chance… et à voir les petits anciens de 80 ans courir pour en attraper le plus possible, on se dit que la magie opère vraiment.
Puis vient le moment incroyable : Hirose-san et Mitome grimpent eux aussi dans l’arbre. À l’aube de leurs 80 ans, les voir s’élever ainsi est bouleversant. Leurs visages s’illuminent, on les voit redevenir des enfants de 10 ans, espiègles, libres, le regard brillant de malice.
Cet arbre, et la cabane que les filles y ont construit, auront été un lieu magique. Comme une invitation à ouvrir son coeur d’enfant. À nourrir la spontanéité, le jeu, la joie simple d’être vivant. Et cela fonctionne à tout âge. Comme quoi, grimper aux arbres n’est pas réservé aux plus jeunes, c’est une expérience universelle, un rappel que la vie circule en nous, qu’on est intensément vivant.
Ce musée a vu le jour grâce à Hisachi Kurisu-san et au projet Reborn Kake, dans une volonté de revitaliser la région. Il s’inscrit aussi dans le programme Furusato Nōzei, qui permet aux Japonais de soutenir des initiatives locales via leurs taxes, et apparemment c’est assez exceptionnel.
Et nous… nous réalisons à peine.
Une galerie existe désormais. Réelle. Ancrée dans la pierre. Comme une empreinte laissée derrière nous. Comme la preuve tangible que ce que l’on vit, partage, ressent… peut toucher, relier, et continuer d’exister, bien au-delà de nous.
https://paschefamily.ylia.ch/museum-2/
Céline, Xavier, Nayla et Fibie
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