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Articles

Affichage des articles du novembre, 2023

Croquer à pleine dent dans une pomme

Deux jours durant, Ailee, Viera et Ben, plongent au cœur de notre univers. Pour Ailee, 9 ans, la fatigue se fait lentement sentir, la détermination diminue avec l’effort physique. Bien sûr c’est intense, non pas parce que nous roulons beaucoup, mais parce que subitement elle perd tous ses points de repère. Tellement de premières fois pour elle, comme cette pomme qu’elle vient de croquer  ! Elle n’avait jamais croqué à pleine dent dans un fruit, des lamelles ont toujours été coupées pour elle. Elle découvre alors cette délicieuse sensation.  Hier, nous avons dormi au bord de la rivière. La soirée était relativement froide et humide. Cet emplacement ressemblait plus à nos endroits habituels de camping. C’était sauvage. Se laissant porter Viera et Aliee trouvent que cette vie est plus facile que ce qu’elle avait imaginé . Je pense alors à la danseuse qui défie la gravité par ses mouvements. Par la maîtrise de son art, chaque geste paraît si facile à exécuter. Par la maîtrise de notre ...

Une immersion en vie nomade

« Non, je ne peux pas ! » s’exclame Ailee,  « Mais oui, viens ! C’est tellement génial ! Viens courir à pied nus dans le parc avec nous ! » s’exclame Nayla. Impossible pour Ailee de mettre les pieds nus par terre. Il y a trop de petites bêtes pour cette fille de 9 ans aux longs cheveux noir ébène. Pourtant, une fois dans ses chaussures, Ailee court avec Nayla et Fibie. Ensemble, elles profitent de jouer et s’amusent à ne plus vouloir partir. Ailee habite à Tokyo. Sa maman, Viera, était traductrice dans une importante compagnie internationale. Elle partait le matin avant le réveil de sa fille et rentrait principalement de nuit, souvent après que ses enfants ne soient couchés. Il y a deux ans, Viera a décidé de changer de vie, de se mettre à son compte afin de pouvoir offrir plus de temps à ses enfants.  Lorsque Viera nous a rencontrés chez Ben, à Chiba, une idée a germé. Et si elle emmenait sa fille pour quelques jours avec nous ? Nous lui proposons alors de venir tout de suit...

Un temple au coeur de la roche

  Deux jours dans le brouillard. Nous repartons le lendemain avec la même température. Tout est détrempé et froid. La descente du col est glaciale et le paysage est opaque . Même les volcans alentour ont disparu ! Nous sommes frigorifiés, claquant des dents. Heureusement, le soleil refait son apparition vers midi. Nous pouvons enfin tout faire sécher. Nous étalons notre matériel dans un parc. C’est presque effrayant de voir ce dédale. Pourtant, c’est un réel soulagement pour nous. Déshumidifiant tout notre matériel, y compris nos sacs de couchage.  Thierry et Myuki viennent nous rejoindre. Nous les avions rencontrés en Malaisie ! Nous les retrouvons ici et partons découvrir un temple caché au cœur d’une vallée escarpée. Dans cette forêt aux arbres somptueux, nous repérons de petits crabes rouges. Nous nous questionnons sur leur présence, mais il semble que le torrent qui s’écoule le long de la falaise leur prodigue l’environnement nécessaire. Nous atteignons enfin le temple ca...

Nous perdons 30°C d’un coup!

  L’élément eau a manifesté sa puissance par le passage des typhons et des pluies torrentielles. Le feu vibrait par la force des volcans, la terre été présente par ses tremblements. Il a tardé à venir, mais cette fois, l’élément air se déchaîne par sa fougue et son tempérament impétueux ! Il souffle avec violence. Nous venons de quitter la mégapole de Tokyo. D’une petite route à l’autre, nous rejoignons la piste cyclable qui longe la rivière Arakawa puis celle de Tonegawa . Nous sortons si facilement, sans même plonger au cœur de la circulation. Puis au loin se dessinent les lignes du mont Fuji, déjà tapissées de sa première neige. Même à distance, il est impressionnant par sa grandeur, lui qui s’élève bien plus haut que les collines pastel du paysage. Pourtant le vent est terrible. Il est difficile de ne pas entrer dans la lutte, de ne pas le combattre. La centaine de kilomètres au plat qui nous attend est désormais un défi. Fibie qui se réjouissait de rouler sur la piste cyclable...

Dans la résidence de l’ambassadeur suisse

  En trois jours, les inscriptions pour notre soirée à l’Ambassade Suisse sont déjà fermées. Une centaine de personnes seront présentes. Le jour de la rencontre, nous faisons connaissance avec toute l’équipe. Nous mettons enfin des visages sur les noms avec qui nous étions en contact depuis des mois, surtout via le programme de Vitality.Swiss pour lequel nous écrivons des articles. Vitality.Swiss est un programme de communication en lien à L’Expo 25 qui aura lieu à Osaka.  Lorsque je prends le micro, je sens que la salle vibre sous l’émotion de mes mots. Le public est emporté, et je sens que l’intensité de ce que je partage touche l’audience. Pour nous, une conférence a dû sens, lorsque les gens ressortent avec plus de questions sur leur vie qu’ils ne sont rentrés avec des interrogations sur la nôtre . Pour nous, notre objectif est de toucher quand nous inspirons une seule personne par soirée. Pourtant, je ne pensais pas que cette conférence marquerait à ce point les esprits...

Un dernier au revoir à Noda San

Encore un tour du destin. L’ambassade suisse ayant déplacé la date de la conférence d’une semaine, nous avons la chance de pouvoir rejoindre un quatrième Sea to Summit et roulé à travers les Alpes Japonaises. Ce changement d’itinéraire est aligné sur l’envie de Fibie et Nayla de participer à un autre événement et l’appel des montagnes qui semble toujours nous inviter au cœur des sommets. Mais ce sera pour les prochaines semaines. Plus incroyables encore, ces quelques jours coïncident avec la soirée d’au revoir de Noda San. Tout s’imbrique pour que nous soyons présents à cette cérémonie. Nous hésitons, puis décidons de suivre le flot de ce qui s’ouvre à nous. Au même moment, Midori San, sa femme nous contacte. Elle est tellement ravie que nous soyons présents. Nous passons un moment seuls avec elle. Elle s’ouvre à nous dans la même intimité qui nous avait unis lors de notre passage dans leur maison à Shikoku il y a 7 ans déjà. Elle nous raconte les derniers moments de vie de son mari. N...

La jungle humaine

Tokyo nous oppresse. Non pas que toutes ces rues soient bondées. Au contraire, nous trouvons que l’agitation de la ville n’est pas si intense. C’est surtout cette sensation d’être enfermé au cœur du bitume. C’est les milliers de cœurs qui battent, dans cette densité humaine. Ce sont les milliers d’onde de wifi, de portables et d’antennes. Nous nous sentons comme des poissons hors de l’eau. Nous accourons vers les temples pour espérer trouver un peu d’espace pour respirer, mais les tours des immeubles dépassent les magnifiques toits de ces lieux de prières. Nous allons vers les parcs pour nous rendre compte qu’ils ferment à 17 heures, l’heure à laquelle les enfants sortent de l’école. Nous espérons nous reposer, mais notre corps est stimulé par ce manque de connexion à la terre, par toutes ces ondes artificielles. Nos sens sont comme brouillés, ils perdent de leur clarté. Nous apprenons alors qu’un musée a utilisé les dernières innovations technologiques pour recréer la nature et offri...