Il y a des lieux qui ne s’offrent qu’à ceux qui savent ralentir. Kosh Agach en fait partie. Après des semaines à pédaler à travers des steppes infinies et des montagnes qui s’élance vers le ciel, nous voici cloués au sol par le plus doux des hasards : une cabane en bois, toute neuve, à l’écart du village, avec eau courante et électricité. Un petit camp tenu par une jeune famille kazakhe nous accueille. Aigul, un bébé de huit mois, se blottit contre la maman, qui nous sourit en nous tendant les clés comme on offre un trésor. « Installez-vous. » Dès le premier soir, les sacs à peine vidés, nous savons que nous allons nous poser. Vraiment. À cinq cents mètres de là, un lac turquoise, lissé comme un miroir mais bien vivant. Ses eaux claires et profondes reflètent le défilé des nuages, tandis que ses berges herbeuses accueillent les chevaux et les vaches du coin. Chaque jour, nous y plongeons. L’eau est fraîche, d’une fraîcheur qui réveille les muscles endoloris et lave les kilomètres avalé...