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Sanglier, Mölkky et amis : Célébrer avant de partir


Cette vie en plein air, nous la célébrons encore et encore. À Oasa, dans la région de Kitahiroshima, nous sommes les invités d’honneur pour une rencontre à l’extérieur. Nous nous réunissons et campons ensemble avec d’autres familles. Le feu s’illumine et devient le centre de cette soirée froide. Il fait à peine quelques degrés, pourtant l’ambiance est chaleureuse. Chacun partage les petits plats délicieux qu’il a préparés, et nous dégustons même une soupe d’intestin. Le plat principal est pourtant le sanglier, dont les morceaux sont grillés au charbon.

« On se croirait chez Astérix et Obélix », lance Fibie !

Et en nous, cette vérité s’inscrit lentement. À la fois dans la célébration de cette fête où l’amitié se tisse autour des flammes, du sanglier et des « Gampaï » (santé) ! Plus subrepticement, nous sentons que cette fête annonce doucement une fin. Les dernières pages de ce chapitre semblent s’envoler comme les pétales de sakura.

Le lendemain matin, après un réveil difficile pour ceux qui ont peu dormi à cause de l’humidité et du froid, un tournoi de Mölkky est lancé. Un jeu finlandais d’adresse avec de petites bûches. Nous prenons tous part, en équipe avec un membre d’une autre famille. Un magnifique moyen de se rencontrer, de s’amuser et de faire équipe.


Soudain, on nous appelle. La petite brasserie artisanale d’Oasa a préparé des bouteilles de saké à notre nom, avec le label « La Famille Pasche ». Nous éclatons de rire en découvrant les étiquettes. Nous dégustons alors ce saké traditionnel, le Dobuloku. Non filtré, il a un goût unique et son apparence est laiteuse. Quel honneur !


Hotta san, l’organisateur de cet événement, est un homme charismatique, toujours souriant, qui sait fédérer la communauté autour de ses actions pour la revitalisation de la région. L’après-midi, 150 personnes sont réunies pour notre conférence. Les personnes vibraient aux voix de Nayla et de Fibie, et à la vidéo unique captant les paysages inspirants et notre manière de vivre différemment. L’événement clôt ce moment de partage dans le petit village de montagne d’Oasa.


Hirose-san, ce couple de 80 ans qui nous a permis la connexion avec l’éditeur de notre livre, nous invite ensuite dans un petit onsen local à Hamada, puis il nous ouvre les portes de sa maison. Un nouvel événement est prévu le lendemain dans la ville. À nouveau, plus de 100 personnes sont présentes, certains visages connus, de nouvelles rencontres, et surtout cette sensation de plus en plus forte que ces moments permettent de relier les gens au-delà de nous et de notre histoire.



Les derniers jours de ce chapitre dans le petit village de Kake, à Akiota, sont arrivés. Désormais, les au revoir ponctuent la préparation pour la suite. Les fleurs de sakura sont en pleine éclosion. Symbole du Japon, nous participons alors à Hanami. Avec nos amis, les familles et enfants de Mokoshi san, Ayumi san et Yoko san, nous mangeons des grillades sous les arbres parés de fleurs blanches légèrement rosées.


Le printemps lumineux est arrivé. Tout nous invite à suivre l’élan de ce renouveau. Sur nos vélos, le vent dans les cheveux, on ressent à la fois la liberté de retrouver nos montures, l’appel de l’aventure, et au même moment la tristesse de fermer cette page.

Alors, nous prenons un moment pour faire nos adieux au lieu. Tawa, l’arbre de Nayla et Fibie, celui que tous ont grimpé, est devenu un symbole de notre passage dans la maison Hajimarinoie. Nous lui offrons une lettre à brûler, et remercions le lieu avec toute notre gratitude.

Les événements se bousculent : on souhaite nous revoir, nous inviter. Nous allons manger des okonomiyaki chez l’amie du propriétaire d’Hanaki, le café des oiseaux. Nous dégustons ces sortes d’omelettes sur une plaque métallique dans un petit bouiboui charmant. La femme nous emmène ensuite vers des roches sacrées. La première est bercée par les racines des arbres, la deuxième est un gigantesque rocher, comme apparu miraculeusement au sommet de la montagne. Nayla et Fibie sont minuscules à ses côtés. Il y a une puissance que l’on devine et une magie que l’on ressent.


Minami-san, cet homme généreux, nous a prêté sa voiture et offert du riz pour l’hiver. Il nous invite à jouer avec sa fille près de la gigantesque aire de jeux d’Hamada. L’appel de la mer est magnétique. Elles sautent dans l’eau turquoise et froide. Mais leurs frimousses sur le sable blanc, sous un ciel bleu profond, sont magnifiques.


Nous célébrons aussi notre livre avec Ueda-san, Michi-san et Minami-san lors d’une soirée fondue, histoire de les plonger dans les saveurs de la Suisse et de leur offrir une nouvelle expérience. Le lendemain, nous nous retrouvons à l’Open Mic au café Zoosan, où des artistes amateurs viennent animer la soirée du samedi soir. Nayla et Fibie prennent même le micro pour chanter avec leur ukulélé.

Puis nous sommes invités chez Okura-san au Yoruz Bar pour revoir nos amis, les membres de Reborn Kake, qui nous ont ouvert les portes de Hajimarinoie, notre maison cet hiver.

Les filles chantent une chanson japonaise appelée « Sakura », qui, à travers les pétales s’éloignant dans le vent, compose un hymne d’au revoir. Soudain, l’émotion se lit sur les visages et dans nos cœurs, à travers tout ce que nous avons vécu ici, ces moments de partage ensemble.

Chisaki san vient encore nous apporter des confitures fraîches de kumquat et de fraises. Puis nous nous retrouvons ensemble à Holoholo pour un dernier café et enfin un dernier onsen à Tsukigase.

Toute rencontre implique une séparation, et ce n’est pas toujours simple de dire au revoir, de fermer le chapitre de cet hiver ici à Akiota. 

 Céline, Xavier, Nayla et Fibie



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