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Okinoshima : la plus belle façon de dire au revoir au Japon


Ce matin, nous plongeons dans l’eau turquoise, fraîche, vivifiante. Le corps se réveille, l’esprit s’ouvre. Se relier à l’eau, à cette mer vivante, c’est se reconnecter à quelque chose d’essentiel, de puissant, surtout au coeur des îles d’Oki. 

Puis nous allons voir un festival local. Les Mae, les danses traditionnelles, s’ouvrent avec celles des dragons. Les gestes sont précis, habités, transmis depuis des générations. 


Nous rencontrons ensuite le maire, Ikeda san. Avec simplicité, il nous offre sa place, son fauteuil. Les filles s’y installent, presque étonnées. Le geste est symbolique, fort. Le maire nous remercie alors d’être venus relier Okinoshima au monde. Et il s’étonne, sincèrement, de cette manière que nous avons de suivre les lieux, de répondre à leurs appels. 


Pourtant, il est touché que tout nous ait conduits ici, à Okinoshima. Comme si lui aussi percevait cet appel invisible qui nous a guidés.
 
Nous ressentons profondément l’influence de Matsuyama-san, respecté et ancré dans le cœur de l’île. Grâce à lui, nous pénétrons un peu plus loin dans son âme vivante. 


Nous découvrons le gymnase de l’île en lien à la pêche, à l’ingénierie sur bateau, à l’écosystème marin et même à la culture culinaire de l’île. Chaque année, une vingtaine de jeunes ont l’opportunité de partir jusqu’à Hawaï à bord d’un bateau de pêche. Durant 2 mois, c’est une traversée initiatique, comme une étude vivante du monde et d’eux-mêmes. Puis nous allons vers le club de sumo, essentiel pour Okinoshima, terre qui a vu naître un lutteur célèbre. Mais ici, le sumo ne se limite pas à un sport. À peine les jeunes entrent-ils dans le dojo que tout change. Les gestes deviennent précis, les regards se concentrent, l’atmosphère se densifie. Ici, le sumo dépasse le combat : il devient rituel, offrande aux kami, dialogue entre le corps et l’invisible. Nous sommes frappés par leur force, leur endurance, mais surtout par l’intensité de l’énergie qu’ils déploient. Une énergie brute, maîtrisée, profondément ancrée. 


Le dernier jour, nous rencontrons Hiroshi san et le petit Haruki chan, le beau fils et le petit fils de Matsuyama, venus de Tokyo. Nous partons faire du kayak, pour le plus grand bonheur des filles. 

Nous pagayons sur une mer aux reflets bleu saphir. L’eau est calme, profonde, presque magnétique. Nous atteignons une grotte immense, sombre, mystérieuse. Une ouverture vers l’inconnu. 


Nous y entrons, lentement, porté par les flots et une légère appréhension. 

À l’intérieur, le silence est dense. L’obscurité nous enveloppe. Nous avançons doucement, jusqu’au cœur de cette cavité de plus de 70 mètres de profondeur. C’est à la fois intimidant et fascinant. Comme pénétrer dans le ventre de la Terre. 


Nous rejoignons ensuite une petite plage isolée, presque secrète. Nous y récoltons quelques coquillages et des fruits de mer puis allumons un feu. Nous préparons alors une paella, accompagnée de poissons pêchés par Haruki-chan. Un petit sanctuaire de paix, porté par la symphonie des vagues. 


Plus tard, nous reprenons les kayaks et longeons la côte jusqu’à apercevoir un balbuzard pêcheur. Majestueux. Blanc. Il rejoint son nid d’un mouvement furtif. Une présence rare. 


Les dernières soirées sont baignées de douceur. Un vin rouge partagé et des rires. 


Nous sommes profondément touchés par tant de générosité. 

Finalement, les îles Oki n’auront pas été un point de départ. Elles sont devenues un point d’arrivée. Une célébration de tout ce chemin parcouru au Japon. 

Et en même temps, un nouveau commencement, un autre départ, différemment. Car une dernière surprise nous attend : nous sommes invités à devenir ambassadeurs de l’île d’Okinoshima. 

Nous ne savons pas encore exactement ce que cela signifie. Mais nous ressentons la portée de ce geste. 

Etre relié à cette île puissante.
L’énergie brute de ses volcans
A ses eaux turquoise et profondes.
A ce sanctuaire sauvage, vivant et vibrant. 

Puis vient le moment de dire au revoir à la famille Matsuyama. Le cœur léger, nous nous sentons portés par une même philosophie, celle de vivre la vie par les expériences en nature, de s’imprégner de chaque instant, unique en apparence, mais profondément relié à un tout invisible et infiniment interconnecté. 


Nous rejoignons Sakaiminato, au pied du mont Daisen, qui se dessine avec grandeur. Nous avions commencé ici, en 2023, à son sommet, suite au Sea to Summit. Et nous terminons à son pied. 


Comme une boucle. Comme un rappel que tout est relié. 

Minami-San et Ueda-San viennent nous saluer une dernière fois, alors que nous montons sur le ferry. 


C’est un au revoir au Japon

Un pays qui nous a transformés. Qui nous a accueillis, bousculés, fait grandir, parfois fait hurlé. Un pays qui nous a confrontés à nous-mêmes, à nos limites, à nos peurs… mais aussi à nos élans les plus profonds. 

Pour Nayla et Fibie, c’était leur première résidence. Pour Nayla, quitter le Japon est un moment suspendu, chargé d’émotions. Et pourtant les lieux sacrés de ces îles de feu vibrent en nous. Et, nous le savons. Nous reviendrons

Différents. Transformés. Avec ce que nous aurons traversé entre-temps. 

Oki Islands: https://visit-okiislands.e-oki.net/


Céline, Xavier, Nayla et Fibie

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