Pour Fibie, cela fait déjà un moment qu’elle s’y prépare. Elle dit au revoir à sa manière, avec ses petits rituels, apprivoisant doucement la tristesse de quitter ce cocon où elle a grandi, appris, vécu tant de choses. Un passage de vie. Et pourtant, au moment de franchir le seuil, tout est en place. Tout est doux. Elle est prête.
Nous sommes invités dès le premier soir à Oasa, pour une fête d’au revoir. Mais avant cela, Hotta-san nous réservent une surprise. Après une longue montée à vélo, nous découvrons l’arbre Tengushide. Un charme japonais unique, né d’une mutation naturelle, aujourd’hui entouré de ses semblables dans cette petite forêt presque secrète.
Les arbres sont majestueux. Leurs branches tortueuses dessinent des formes irréelles, comme surgies d’un monde imaginaire. Il y a là quelque chose de profondément inspirant, presque magique.
Puis vient la fête. Un moment simple et profondément touchant. Nous sommes réunis pour célébrer, mais aussi pour affirmer que rien ne s’arrête vraiment, que les liens, eux, continuent de grandir.
Nous dormons ensuite dans une belle maison traditionnelle, au toit élancé et rectangulaire et aux pentes abruptes, une architecture qui ne nous ait pas inconnue, mais où nos corps ne s’y sont jamais reposé. Un lieu authentique.
Le lendemain, ils tiennent à nous faire découvrir une brasserie locale. Son fondateur est un homme libre, créatif, audacieux. Il a repris ce lieu pour y produire un saké unique, à son image. Il nous montre aussi le puits, profond, fascinant, dont l’eau, d’une clarté presque turquoise, nourrit son travail. Tout ici respire la passion et la patiente de créer ses produits de manière artisanale.
Au moment du départ, une banderole est déployée pour une dernière photo. Un geste simple, mais qui nous touche profondément.
Quelques kilomètres plus loin, nous retrouvons Yuki Taguchi. Il a ouvert spécialement pour nous le musée des salamandres géantes. C’est l’un des deux seuls centres au monde dédiés à leur reproduction. Nous découvrons ces créatures impressionnantes, presque préhistoriques. La plus grosse dépasse 1,60 mètre et pèsent près de 70 kilos. Elles ne mangent qu’une fois par semaine, et nous avons la chance rare d’assister à ce moment.
Puis la route reprend. Cette fois, nous sommes seuls. Les montées sont exigeantes, rappelant que le Japon n’est jamais vraiment plat. Et le soir, le déluge s’abat sur nous. Une pluie intense. Un rappel brut : dans l’aventure, nous n’avons pas le contrôle. Il faut simplement traverser, accepter, faire confiance à l’instant.
Heureusement, un onsen nous accueille. Comme une étreinte chaude après l’effort. Le Japon nous montre, une fois encore, ses contrastes, la rudesse et la douceur. Nos corps sont fatigués, presque lessivés. Le manque de sommeil, l’intensité du départ… tout se fait sentir.
Le lendemain, la pluie persiste. Nous avançons malgré tout. Puis, enfin, le soleil revient. Nous longeons une rivière émeraude, éclatante, serpentant au cœur des montagnes couvertes de jeunes feuilles d’un vert tendre. C’est un paysage profondément apaisant. Le Japon dans toute sa beauté.
À notre arrivée au port de Shichirui, le ponton s’étire dans une mer sombre et lisse. Au-dessus de nous, des milliers d’étoiles illuminent le ciel. Nous nous reconnectons à quelque chose de plus vaste. Une fois encore, nous sommes nomades. Au coeur des énergies de la Terre, de la lumière solaire, de la clarté lunaire et de la poussière d’étoile.
Les étoiles veillent. Et dans ce silence, je ressens profondément notre famille. Unie. Forte. Comme enveloppée d’une douceur invisible.
Comme une caresse.
Céline, Xavier, Nayla et Fibie
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