Les premiers élans du printemps apparaissent enfin. Dans l’air flottent les senteurs exquises des pruniers en fleurs, délicates et fruitées. Les arbres se parent de pétales blancs, roses ou jaunes pâles. Les cerisiers pleureurs déploient leurs branches comme de longs voiles roses, majestueux, dans la douce lumière.
Tout semble murmurer le renouveau.
Une sensation de légèreté s’installe, comme si la terre invoquait ce souffle de vie. Nous sentons aussi cet éveil monter en nous, comme la sève au coeur des arbres. C’est encore léger, un frétillement que l’élan du cheval de feu va certainement nourrir avec ardeur.
Les premiers murmures du printemps sont là, même si le vent reste froid, même si les gelées du matin blanchissent encore la terre, et que quelques flocons tardifs viennent parfois rappeler l’hiver.
C’est dans cette atmosphère que nous avons eu la chance de découvrir la moxibustion.
Un maître, Seijiro Tsuneta, nous a offert de nous guider dans nos premiers pas. Un apprentissage simple et précieux, transmis avec patience, comme une porte qui s’ouvre vers un savoir ancien.
Nous avons alors retrouvé Maya-san, la prêtresse du temple bouddhiste.
Elle avait parcouru les collines pour ramasser de nombreuses armoises, la plante yomogi, Artemisia argyi, cette plante sacrée utilisée depuis des siècles pour nourrir le feu thérapeutique du moxa.
Assis ensemble, nous apprenons à transformer la plante, à la préparer, à fabriquer les bâtons de moxibustion. Mais très vite, nous comprenons que ce geste est bien plus qu’une simple fabrication. Il s’agit d’y déposer notre intention, d’y insuffler notre Qi, l’énergie de vie. Le feu devient alors un pont entre la plante, le corps et l’esprit.
Peu à peu, les méridiens se dévoilent comme des rivières invisibles parcourant le corps.
Nous apprenons à sentir les points, à écouter la peau sous nos doigts, à percevoir si l’énergie y est trop pleine ou au contraire affaiblie. Chaque point raconte quelque chose : une fatigue, une stagnation, un appel à rééquilibrer. Grâce à la moxibustion, on réchauffe et stimule la circulation du Qi dans le corps.
La journée se déroule ainsi, dans une alternance d’apprentissage et d’expérimentation.
Nous pratiquons sur nous-mêmes, puis sur les autres participants. Parmi eux, Tami, dont le chemin est profondément lié au chamanisme dans les traditions d’Hawaï. Autour du feu discret du moxa, les conversations s’ouvrent naturellement: nous parlons d’énergie, de Qi, de méridiens, mais aussi d’esprits, de traditions et de mondes invisibles.
Et tout cela se passe au cœur du temple bouddhiste, sur le sol en tatami, dans une atmosphère à la fois simple et profondément sacrée.
Alors une fois encore, nous comprenons l’appel profond du Japon, nous sentons sa vibration.
Comme si, doucement, nous commencions à entrer dans le cœur de ce monde mystérieux, ici dans le silence d’un temple et la chaleur d’un petit feu d’armoise né de pratiques ancestrales.
Céline, Xavier, Nayla et Fibie
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