L’aventure doit se vivre. Elle ne naît pas dans les récits ni dans les images que l’on regarde. Elle est une expérience du corps et du cœur, un pas vers l’inconnu où l’on accepte de rencontrer le monde tel qu’il est. C’est peut-être cela que nous offrons à nos filles : ne pas seulement admirer le monde, mais y entrer pleinement. Marcher dedans, y dormir, y frissonner, y rire, y trouver parfois l’inconfort qui rend les instants de chaleur encore plus précieux.
Car l’aventure n’est pas forcément spectaculaire. Elle peut être simple. Mais dans ces moments-là, quelque chose s’ouvre. Le regard change, les sensations deviennent plus vives, et l’on découvre que la beauté du monde est là, autour de nous.
Aujourd’hui, Fibie insiste pour que nous allions dormir au sommet d’Osorakan, la plus haute montagne d’Hiroshima. Cette fois, la fenêtre météo est parfaite. Nous préparons le matériel et nous voilà partis.
Il nous faut grimper pour atteindre le sommet, marcher avec le poids de nos sacs, pour rejoindre ce point de vue qui s’ouvre sur des centaines de crêtes et composent les montagnes de Chugoku. Pas une seule maison à l’horizon, uniquement ces monts enlacés les uns aux autres, ondulant jusqu’à l’infini.
Au sommet, un souffle glacial se lève. Nous partageons l’apéro face à cette immensité. Nous avons la sensation de plonger dans le paysage, de faire désormais partie de ce monde de glace et d’arbres qui s’élancent vers le ciel. La température chute rapidement, autour de –10°C. Rester au chaud devient une priorité. Finalement, nous mangeons dans la tente, blottis dans notre petit cocon.
Au milieu de la nuit, nous sortons. Et là, nous restons éblouis, presque sans voix.
« Wow » s’exclame Fibie. Le ciel est rempli d’étoiles, jusqu’au-delà de l’horizon. Elles scintillent avec une intensité presque irréelle, vivide. Devant cette immensité, nous avons le sentiment d’appartenir à quelque chose de bien plus vaste que la Terre : respirer un peu de cet inconnu, se relier à cette part de nous qui dépasse les frontières du monde visible.
Fibie se nourrit de cet esprit de liberté, de ce désir de choisir les aventures les plus folles, d’accepter l’inconfort pour découvrir la magie. Sentir le froid sur son visage, puis se pelotonner dans son sac de couchage pour créer son propre cocon de douceur.
S’il y a une chose que j’espère insuffler à nos filles, c’est précisément cela : la magie de ces instants où la beauté du monde se révèle. Ces moments où l’on se sent intensément vivant, vibrant, relié à un univers qui nous dépasse, un monde inspirant et mystérieux.
Car c’est peut-être là que naît le véritable sens de l’aventure : non pas repousser les limites, mais aller à la rencontre de la magie… et s’y laisser enlacer.
Céline, Xavier, Nayla et Fibie
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