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Du silence des cèdres au tumulte de Tokyo


Depuis le cœur des montagnes, nous prenons le train rapide pour rejoindre Tokyo. Peu à peu, nous plongeons dans l’immensité de la métropole. Au cœur de ses rues bondées, les bruits stridents et les odeurs de la ville éveillent chez les filles des sentiments mêlés, mitigés. Peut-être est-ce simplement notre vie de simplicité qui nous a habitués à autre chose, à d’autres richesses, celles qui ne tiennent ni dans les vitrines, ni dans les milliers d’expériences offertes par la ville, et encore moins dans les biens que nous ne pourrions jamais transporter sur nos vélos.

Là où les enfants des villages japonais rêvent souvent de découvrir Tokyo, Nayla et Fibie n’y voient pas vraiment de trésors cachés. Ce qui donne un sens à notre venue, ce sont les amis que nous allons retrouver.

Alors nous nous amusons autrement : regarder les pancartes des menus et imaginer tout ce que nous pourrions manger, observer les passants pour élire le plus extravagant ou le plus inattendu, et savourer des crêpes avec Ueda et Michi dans une rue animée et branchée. Juste à côté, nous rejoignons l’un des sanctuaires sacrés de la ville. Mais sa magie se dissipe un peu dans la foule, et les filles se tournent instinctivement vers les grands cèdres, comme pour retrouver un peu du silence des montagnes.


Puis la magie s’en mêle. Nous sommes invités au concert du groupe d’Hiro San. Nous nous retrouvons dans un petit bar, à vibrer au rythme des percussions et de la voix de la chanteuse. Pendant quelques heures, nous basculons dans un autre monde : celui de la musique, celui de la nuit. Peut-être que cela participe à nourrir les rêves des filles.


Nous visitons aussi les grandes librairies. Là, Nayla s’exclame en découvrant le livre de son autrice préférée, Hannah Gold, non loin du nôtre, comme un clin d’œil dans le temps.


Nous donnons ensuite des conférences à Okachimachi et à Shibuya, au cœur des grands centres de la capitale. Pourtant, ce qui marque le plus ces journées reste les retrouvailles : certains amis ont même fait le voyage depuis Aomori pour partager ces moments avec nous. 700 km au nord de la capitale.

Alors, nous célébrons ensemble : avec du vin japonais offert par Hachinohe Winery, (http://www.h-winery.com) et du vin suisse offert par l’Ambassade. Et, une fois encore, nous ressentons profondément que ce sont ces rencontres qui construisent la paix dans le monde. Ce sont ces liens, tissés dans une humanité de cœur à cœur qui participent à installer l’esprit d’une humanité commune.


Je repense alors à cette immense toile qui relie les peuples et les lieux, celle que nous avons patiemment tissée avec les roues de nos vélos. Je repense à tous ces visages, ces accueils, ces amitiés… et je sais que nous sommes bien plus que les frontières et les politiques.


De retour, l’équipe de télévision d’Hiroshima vient nous filmer à Akiota pendant 2 jours. Ils réalisent alors un reportage qui raconte brièvement notre vie, cet hiver dans les montagnes de Chugoku.




 Céline, Xavier, Nayla et Fibie



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