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Notre quotidien le long de la rivière

 

Chaque soir, nous rejoignons le bord de la rivière et les galets pour y planter notre tente. Les célèbres ponts de Kochi, spécialement construit en cas de crue, nous offrent des passages incroyables sur l’eau limpide de la Shimanto. Nous profitons de nager chaque jour dans le courant rapide. Nayla et Fibie se laissent emporter sur des dizaines de mètres avant de rejoindre la berge et de remonter à pied. Cet après-midi, elles ont passé des heures à couper à la scie d’un petit couteau les bambous afin de construire un tipi. Elles ont aussi fabriqués un foyer et y ont allumé un feu. Elles ont alors décidé de célébrer la cérémonie de l’esprit du feu. Chaque année à la même date, elles devront ainsi célébrer cette fête, suivant leur jeu imaginaire du monde des « 4 Elementés ».


Le lendemain matin, la crème solaire que nous avons fait maison est devenue solide à cause de l’huile de coco qui a figé, pourtant Nayla et Fibie sont ravies de s’en induire tel un tube qu’elle glisse sur leur peau. Pour elles, la confection de produit cosmétique fait non seulement partie de notre vie, mais correspond aussi à un cours de chimie pratique. Tout comme, elles aiment prendre soin du petit jardin que nous transportons. Les graines que nous faisons germer en chemin.


Nous sommes ravis de prendre le temps le long de la Shimanto, de nous relier à cette puissante nature, et les conditions sont actuellement idéales. Nous sommes finalement sortis des grandes chaleurs de l’été et les vents froids de l’hiver n’ont pas encore atteint cette région. Pourtant, ce matin, Xavier a vu 6 serpents s’enfuir devant lui. Les uns après les autres, ils ont glissé juste devant sa roue. Certains plus longs que d’autres. Ils seraient apparemment les symboles des guides spirituelles. Peut-être que cette période est propice à une guidance spirituelle. En tous les cas, la Shimanto est une rivière qui invite à la méditation. Plongés dans ces espaces sauvages, nous sommes reliés à la pureté de la nature.


Ce soir, pour célébrer le ciel qui est paré de mille lumières et d’étoiles scintillantes, nous allumons les Hanabis. Tradition des enfants lors des soirées estivales, ces allumettes Bengale sont à l’image des étoiles. Nayla prend alors son ukulele pour inventer sa propre chanson dans cette ambiance festive. Fibie quant à elle écrit chaque jour les nouvelles paroles d’une mélodie secrète qu’elle nous dévoilera bientôt. Dans nos discussions, plongés dans les projets futurs, je suis toujours impressionnée de tournures de nos réflexions, du monde qui semble devenir de plus en plus petit lorsque nous imaginons prendre un ferry depuis le nord d’Hokkaido pour rejoindre l’île sauvage de Sakkaline perdue quelque part à l’extrême orient de l’empire russe.


Pour les derniers kilomètres le long de la Shimanto, un Taiwanais nous rejoint. Son énergie est débordante et son discours hilarant. Il nous sort complètement des règles de politesse du Japon et nous fait entrer dans une énergie de spontanéité qui oublie le regard des autres pour affirmer sa propre identité, avec dynamisme, enthousiasme, passions et dans une énergie parfois débordante, mais bel et bien rafraîchissante.


C’est ainsi que nous arrivons dans la petite ville de Shimanto, dans son camping à la pelouse parfaite. Il ne nous reste plus que 20 kilomètres pour rejoindre le Pacifique!

Céline, Xavier, Nayla et Fibie
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