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Mon guidon se brise en deux


C’est la tempête ! Le vent était si puissant qu’il nous a littéralement poussés le long de la côte, parfois rendant l’équilibre périlleux ! Cette fois, après l’ultime montée à plus de 19 %, nous rejoignons un phare. Il commence à pleuvoir. Pas le temps de s’imprégner de la vue, il est temps de montant le camp, même si ce n’est que midi. Nous trouvons un petit pavillon sous lequel nous pouvons nous abriter et même y monter la tente. À peine sommes-nous installés que c’est le déluge. Il nous faut alors installer dans le tumulte une bâche afin de limiter la pluie horizontale due à la puissance du vent! Après la précipitation, c’est l’attente, dans le froid et l’humidité. Chaque geste est plus compliqué, tout demande plus d’énergie. Alors nous entrons dans la tente et profitons de lire, de jouer, d’étudier. L’espace est restreint, quelques mètres carré pour les quatre. Cela demande diplomatie et tolérance. Pourtant, il suffit de plonger dans une activité créatrice avec les filles. Les sens stimulés, l’expérience devient beaucoup plus légère.


Le lendemain, la vue est incroyable. Les côtes accidentées de Shikoku et ses petites îles donnent du caractère aux décors. Les lumières ainsi que les bandes de nuages sur cette région montagneuse sont spectaculaires, tout comme l’immense étendue de la mer. Nous la contemplons avec la joie de retrouver le soleil et la passion qui nous anime de découvrir les paysages de notre Terre.


Puis, nous roulons le long de cette côte, entre montée et descente, suivant les lignes découpées du littoral. C’est absolument grandiose. Les pentes escarpées sont recouvertes de plantations de mandarines, célèbres dans tout le Japon. Et nous sommes en pleine saison ! Dans de petits étalages en bois, nous déposons quelques pièces pour acheter les fruits fraîchement cueillis par les petits propriétaires locaux. Parfois, le long de la route, nous recevons quelques-unes de ces mandarines juteuses et acidulées.


Fibie a froid, je m’arrête pour lui donner son pull qui est fixé sur mon vélo. Soudain, je réalise que j’ai un sérieux problème. En posant le pied à terre, toute l’aile gauche de mon guidon papillon s’est abaissée. Le métal s’est déchirés, non pas dans un craquement, mais tout doucement comme lorsque l’on coupe du beurre mou. La fissure est si profonde qu’il ne reste que quelques millimètres qui soutiennent encore cette partie. Impossible de rouler !


Je pousse alors mon vélo jusqu’au premier endroit où nous pouvons nous arrêter. Au bord de la route, mais sur un lieu de contournement. Je commence à faire à manger pendant que Xavier évalue les dégâts. Le guidon est mort! C’était la dernière pièce de nos vélos que nous avions depuis 2010. Maintenant, briser en deux parties, il est irrécupérable!! Nous réalisons alors ce que cela veut dire. Il y a quelques minutes à peine, nous étions en pleine vitesse dans la descente, sur une route tortueuse. S’il s’était brisé à ce moment, la chute aurait non seulement pu être mémorable, mais surtout extrêmement dangereuse, surtout que Fibie était sur le tandem. Une sueur froide me glace le sang. Je ne peux que remercier mes anges gardiens.

Maintenant, il nous faut encore trouver une solution ! Nayla et Fibie ne perdent pas de temps et commencent déjà leurs jeux imaginaires. Elles dégottent deux bouts de bambou pour faire les ninjas. Cela donne une idée à Xavier. Le voilà qu’il scie, tape, sert des cordelettes.


1 heure plus tard, le vélo est prêt pour repartir ! Quelle ingéniosité ! Xavier me surprend toujours par sa capacité à trouver des solutions, et surtout à les fabriquer de ces propres mains ! Nous repartons pour les 10 derniers kilomètres qui nous emmène à Yawatahama chez notre ami Toyohito san. Espérons que le guidon tienne !

Céline, Xavier, Nayla et Fibie
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