Accéder au contenu principal

Arrivée des Kamis sur Terre


Alimentée par les eaux des montagnes sacrées de la péninsule de Kii, la rivière Kumano méandre dans la vallée qu’elle a creusée. Son bleu turquoise rejoint l’immensité de l’Océan Pacifique. C’est ici à son embouchure que le sanctuaire Kumano Hayatama Taisha a été construit comme une célébration de la puissance de la nature. Il est dédié à la divinité de l’eau, mais il est surtout le lieu par lequel le couple mythique créateur du Japon serait arrivé sur Terre du monde des kamis.



Passé le Torii, l’entrée de ce Grand sanctuaire, un des trois principaux de Kumano Sanzan, est sanctifiée par une large Shimenawa, une corde tressée. La plus grande que nous avons vue. Dans l’enceinte, des constructions orange vermillon, vert sapin et blanc suivent les lignes des édifices ancestraux. Dans ce sanctuaire shintoïste, la nature à l’intérieur et à l’extérieur fait entièrement partie du sacré, les kamis vivent dans le monde naturel. Un conifère géant sanctifié en témoigne. Nommé Nagi-no-Ki, il est vieux de plus de 800 ans. La sérénité du lieu est contagieuse et offre un espace de paix intérieure. 



Pourtant, le temple était autrefois placé en hauteur vers le sanctuaire de Kamikura à quelques centaines de mètres de là. Il est considéré comme le premier lieu où le couple de divinités Izanagi no Mikoto et Izanami no Mikoto, les co-fondateurs mythologiques du Japon et parents de la déesse du soleil Amaterasu sont descendus pour la première fois sur terre. Ils seraient apparus par un rocher qui se trouve au sommet du mont Gongen. Une gigantesque roche ronde comme miraculeusement tenue en équilibre sur la colline. Par ce contact divin, elle est maintenant considérée comme sacrée et honorée comme un kami. Elle est aussi surnommée Gotobiki, la grenouille dans le dialecte local à cause de sa forme. Pour y arriver, il est nécessaire de grimper les 538 marches d’un chemin abrupte. Les marches en pierres sont incroyables et soulignent ces passages au cœur des forêts sacrées que sont les pèlerinages de Kumano. Marcher sur les traces de ces voies ancestrales, s’émerveiller de la puissante nature environnante et gravir la montée raide, permet d’ouvrir nos sens à ce monde du sacré, aux kamis qui y résident, alors seulement il est possible de ressentir l’énergie qui se dégage du lieu et de Gotobiki. Ce lieu est inspirant, tout autant que nous sommes émerveillés par la splendide vue. 



Et le 6 février de chaque année, environ 2’000 hommes vêtus de blancs courent le long de ses marches abruptes avec une torche enflammée. C’est le célèbre festival du feu sacré, Oto Matsuri. Après une période de purification d’une semaine ainsi qu’un bain dans le Pacifique, les hommes descendent dans la nuit. Ils dévalent les marches de cette pente raide, évoquant comme un long dragon enflammé qui descend de la montagne. La fumée symbolise alors les rêves et espoirs que les hommes transmettent aux divinités. Il ne nous reste plus qu’à revenir en plein hiver, pour vivre et être les témoins de ce rituel fabuleux.   



La ville de Shingu: https://www.shinguu.jp/en

Instagram: https://www.instagram.com/shingu_heart_of_kumano/

Facebook: https://www.facebook.com/profile.php?id=61552794965582



Céline, Xavier, Nayla et Fibie

_______________________________________

Incarnons ensemble le Changement:

Etre créateur de nos Vies


Boutique:

Cartes / livres / photographie


Inscription au blog et/ou à la newsletter:

Inscription



Suivez-nous également sur:

Commentaires

autre articles

On ne savait pas si nos jambes suivraient

Nous croyions que cette journée au bord du lac Towada serait paisible. Et pourtant… une question lancée à la volée a tout changé : « Et si on montait jusqu’aux volcans ? » En moins de deux heures, nous étions sur nos vélos, prêts à grimper cols et sommets, à travers forêts, torrents et névés surprenants. On ne savait pas encore si la météo tiendrait, ni si nos jambes suivraient. Mais quelque chose nous poussait à tenter l’aventure… Une petite route nous emmène au cœur des montagnes. Dans la végétation luxuriante, nous grimpons un kilomètre après l’autre. Ce chemin nous guide vers un petit passage, un col pour rejoindre le lac Towada. L’effort est intense, mais le chant des cigales et celui des oiseaux nous offrent un peu de réconfort. J’aime la musique de la nature, qui entrecoupe le profond silence. Les deux me permettent de rejoindre un espace de sérénité, où tout s’apaise en moi. Après un dernier passage raide, nous arrivons au col. Le bleu roi du lac se dévoile au centre des mont...

Un compagnon de 70 ans pour tracer la route à Hokkaido

Sur les routes d’Hokkaido, nous avançons entre vastes horizons, averses soudaines et tendres retrouvailles. Les kilomètres défilent, mais ce sont les rencontres qui marquent nos pas. Dans cette vie de simplicité, chaque détour devient une chance, chaque imprévu, un enseignement. Il est 5 heures du matin. Nous venons d’accoster au port de Tomakomai à Hokkaido. Alors que nous débarquons, nous entendons un joyeux « ohayō gozaimasu ». Takun est venu nous retrouver au port ! Une rencontre inattendue ! Sans hésiter, il décide d’essayer le vélo de Xavier. Habituellement, personne n’ose rouler avec sa monture chargée de plus de 120 kg de bagages . Mais Takun, très coordonné, trouve rapidement son équilibre après quelques zigzags maîtrisés ! C’est parti ! 10 kilomètres plus tard, nous atteignons sa maison, où Marie nous accueille chaleureusement ! Nous avions déjà passé quelques jours chez eux en 2023. Nous sommes ravis de les retrouver. Marie nous propose de partir à la cueillette, ramasser ...

Elles ont traversé le Japon… un coup de pédale après l’autre

Sous la lumière douce de la lune et le crépitement des braises, une simple soirée barbecue s’est transformée en une plongée inattendue dans le monde secret des alpinistes japonais et des amitiés sincères. Ce chemin à vélo à travers les 47 préfectures du Japon n’est pas qu’un défi sportif : c’est une traversée de cimes, de rencontres inoubliables et d’émotions brutes. Une odyssée où chaque virage, chaque col, chaque repas partagé éclaire un peu plus le sens de notre aventure.  À la lueur de la lune et des braises ardentes d’un barbecue, nous partageons la soirée avec Saya, Junji, Lisa et Kenji. Ibuki et Reiji, deux garçons de 4 et 2 ans sont en train de courir et jouer avec les filles. C’est la deuxième fois que nous rencontrons la famille de Saya et Junji. Ils nous avaient déjà accueillis lors de notre passage à Yamagata en 2023. Saya était alors enceinte de 7 mois. Cette fois, nous rencontrons pour la première fois Reiji, et découvrons leur nouvelle maison rénovée. Cela fait 2 ans...

Guidés par l’imprévu, l’itinéraire change

Nous avions entendu parler de la mystérieuse péninsule de Shimokita depuis Osaka, quelque chose nous poussait dans ce lieu. Sur nos vélos, à travers forêts, tempêtes et imprévus, nous avons suivi cet appel. Ce voyage, plus que physique, nous a menés au cœur d’un territoire brut et sacré, où chaque détour semblait nous parler. Ce matin, tout est couvert. Les hauts sommets des monts Hakkoda ont disparu. Nous enfourchons nos vélos dans la descente qui va nous permettre de rejoindre la ville d’Aomori. Nous décidons de choisir une petite route, raide à plus de 15 % qui passe par une vallée cachée. En pleine descente, une guêpe arrive sur mon œil, par réflexe, je le ferme. Se sentant prise au piège, elle me pique. Juste en dessous. La brûlure est vive. Je m’arrête et applique directement un cataplasme d’argile. Je vais le laisser agir pendant environ deux heures, pendant que nous traversons cette petite vallée au cœur d’une forêt luxuriante. Des acacias en fleur nous offrent des senteurs ...

Sur les sentiers sacrés de Yamagata

Nous plongeons au cœur d’une nature intense, où la rivière Mogami-gawa déchaîne ses forces et les montagnes révèlent leurs secrets. Chaque instant est une découverte, un mélange d’émotions, de rencontres et de traditions vibrantes. Le chemin nous guide le long d’une piste cyclable qui longe la rivière Mogami-gawa. Nous sommes impressionnés par la puissance du courant, des rapides et remous. L’eau est tumultueuse, et pourtant turquoise. Le niveau est particulièrement élevé. Les larges lits dans ce pays sont souvent traversés par plusieurs bras et cours d’eau, laissant la place pour les crues rapides. Pourtant cette fois, le lit est complètement recouvert et les premiers arbres de la berge sont même sous le flot. C’est phénoménal ! Imaginer le débit est presque impossible ! L’eau provient encore de la neige qui continue de fondre. Cette année, plus de 5 mètres sont tombés ! Et alors que nous admirons le caractère sauvage de ce fleuve, le mont Gassan apparaît soudain. Large, ce volcan ...

Sous les pluies d’Iwate, un volcan, un ours et l’anniversaire d’une enfant libre

Nous pédalons au rythme des montagnes, entre pluie battante, forêts profondes et rencontres inoubliables. Chaque virage est un choix, chaque halte un rituel, et au cœur de ce voyage, l’anniversaire de notre fille devient une célébration de la vie sauvage. Le Japon nous dévoile son âme, et nous nous y perdons avec gratitude.  De la pluie, encore de la pluie. Aujourd’hui, nous rejoignons un petit camping entouré d’un fil électrique comme protection contre les ours. Ces derniers sont nombreux dans la région. Nous sommes pourtant à moins de 50 km de Morioka, la capitale de la préfecture d’Iwate. Abrités sous des cèdres japonnais, nous nous sentons bien. Il y a une douce odeur boisée. Cependant, cette nuit, il a à nouveau plu. Nous sommes face à un dilemme, passé par le lac Tazawa ou rouler au pied du volcan actif d’Iwate. Nous avions envie de suivre les petites routes au cœur des montagnes, mais cette fois la météo est intransigeante. Il est certainement préférable de suivre la vallée....

Sur la route d’Hachinohe

Nous avons traversé le froid, le brouillard, les réactions allergiques, la chaleur, les tempêtes de vent et le vacarme des avions de chasse. Et malgré les imprévus, la fatigue ou les changements de cap, quelque chose de plus fort nous guide : la tendresse, la beauté et l’élan d’être ensemble. Nous sommes dans le brouillard humide qui détrempe tout notre matériel et notre tente. Un brouillard épais et froid qui nous laisse transis de froid. Il provient du Pacifique et recouvre la terre de sa brume dense. Malgré sa beauté, nous pressentons que cette région est traversée par des conditions météorologiques difficiles et intenses. Mais le plus urgent, ce sont les jambes de Nayla ! Elle fait une réaction allergique. De larges plaques rouges apparaissent de la cheville au genou. Nous appliquons tout de suite de l’argile, mais il fait relativement froid. Elle est transie avec son argile sur les jambes, assise sur un petit banc détrempé. Le plus étrange est la réaction similaire de Xavier il y ...

100’000 km à vélo

Les terres sauvages d’Hokkaido s’ouvrent à nous, majestueuses. Nous nous reconnectons à la puissante énergie de ce lieu si particulier, à son souffle de liberté. Plongés dans ces espaces inspirants, nous ne voyons même pas le compteur tourner. Soudain, non loin du village d’Higashikawa, au pied du parc national de Daisetsuzan, nous réalisons que nous avons déjà dépassé de plus de 5 kilomètres cette ligne invisible. Nous hurlons, crions, rions, afin d’imprimer en nous non seulement ce moment, mais aussi le lieu, les senteurs, nos sensations. Nous venons de franchir cette ligne invisible des 100 000 km sur les routes du monde. Il y a eu de nombreuses fois où 100 km nous ont semblé légers, faciles, inspirants — parfois même 200 ou 300 km. Pourtant, à chaque millier de kilomètres, nous avons été ballotés par des imprévus, des tempêtes, des incompréhensions culturelles, des coups de gueule, des doutes. À chaque millier de kilomètres, nous avons dû puiser dans nos ressources pour vivre cette...