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J’ai besoin d’être entendue dans ma douleur


 « Pourquoi personne ne parle de Grand Papa avec moi ? » 

Nayla ressent de la tristesse. Elle aimerait tellement que d’autres adultes lui parlent de son Grand Papa, lui pose des questions. Elle a un peu la sensation que tout le monde l’a oublié et surtout que tous ont oublié la tristesse qui est encore présente en elle. 


Elle aimerait mettre des mots, là où souvent personne n’ose entrer. Peut être par peur de créer des fortes émotions, comment alors se retrouver face à un enfant qui pleure de tristesse, de la séparation ? Et pourtant, il n’y a souvent rien à faire, juste à l’accueillir dans une présence bienveillante, peut-être même dans le silence. Mais on préfère rassurer à tout prix, pour que l’émotion s’arrête ! Parce que dans notre monde actuel, on a le droit d’être dans la joie la plus intense, mais pas dans la tristesse, elle fait peur. 



Souvent, elle fait peur parce qu’elle vient entrer en résonance dans notre histoire de vie et dans tous les processus de deuil que nous avons écarté, parce que « c’est la vie ! » alors que la mort nous terrifie. 


Pourtant, quelle que soit notre spiritualité ou manière d’accepter la présence de la mort, il y a toujours notre partie humaine qui vit, la séparation. Cette dernière va traverser des émotions intenses dans tout le spectre des possibles. Et c’est en les accueillant que nous nous autorisons à poursuivre notre processus de deuil. 



Plonger les enfants dans le silence de notre malaise, c’est leur demander d’être plus adulte que nous. Les enfants, en plus de vive leur émotion, ressentent celles de ceux qu’ils aiment. Et si nous acceptions d’ouvrir la discussion avec les enfants dans la transparence ? Et si nous acceptions d’être simplement dans la présence lorsque des émotions se libèrent chez eux ? 


Et puis les enfants ont encore la pensée magique, ils ont cette capacité à poursuivre la relation avec celui qui est parti. Alors pourquoi ne pas leur proposer de communiquer, non plus avec la chenille, mais avec le papillon qui s’est transformé?

Céline, Xavier, Nayla et Fibie

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