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D’un col à l'autre

 

D’un col à l’autre, nous traversons au cœur des montagnes. La température est record à Hokkaido. Elle monte au-dessus de 40 °C avec un taux d’humidité extrêmement élevé. Nous voilà à nouveau face à un col. Il traverse les forêts infinies qui se déploient autour de nous. Nous sommes au cœur de la nature vibrante. Pourtant, nous roulons sur le bitume qui réverbère la chaleur. Il n’y a pas un souffle et nous sommes en plein soleil durant plusieurs heures. Pas d’échappatoire, pas d’abri, juste la montée et la chaleur. Nous transpirons comme si nous étions dans un sauna, sauf que nous ne pouvons pas en sortir. Nous ne savons plus comment boire assez d’eau pour nous réhydrater. Même nos chaussures sont mouillées comme si nous étions détrempés par l’orage. C’est inimaginable. Lors des pauses, nous continuons de transpirer sans bouger. Nos corps sont lessivés, comme passé dans un tambour par l’intensité de l’effort dans cette fournaise. 


Je commence à avoir la tête qui tourne. Je ne sais pas si je vais arriver à gravir le col. Je n’arrive plus à réguler ma température. Exténués physiquement, nous sommes aussi épuisés émotionnellement. Nous n’avons eu que très peu de jours de repos depuis le début de cette aventure au Japon. En plus, nos journées ne s’arrêtent pas après l’effort. Parfois, le soir dans la tente, c’est infernal. Lorsqu’il n’y a plus d’air et que la température ne descend pas au-dessous des 30 °C, nos corps et nos esprits n’arrivent pas à se reposer.


Je vais craquer, exploser de toute cette intensité ! 



Pourtant, je n’ai pas le choix. Il n’y a que la montée face à moi et la température qui augmente avec les heures qui avancent. Je poursuis, concentrée uniquement sur chaque coup de pédale. J’essaie de me changer les idées, de penser à autre chose. Je pense à Nayla et Fibie qui elles aussi doivent monter. Lentement, nous arrivons au sommet du col. Nous avons alors une vue spectaculaire sur la forêt infinie qui tapisse les montagnes. De l’autre côté, c’est la ville d’Otaru et un océan sans limites. Un contraste incroyable ! Ce point de vue nous permet de souffler un peu, d’inspirer de la magie et de l’émerveillement à ces journées intenses dans des conditions extrêmes.

Céline, Xavier, Nayla et Fibie

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