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Une journée sous la pluie battante

Journées de 40km sous la pluie battante


Cette fois la pluie arrive. Fibie refuse d’aller dans la charrette:  

- « C’est pour les petits! » affirme-t-elle. 

Nayla, elle, n’a pas le choix. 

Nous avons tous mis, nos bonnets, nos gantes et surgants, des bottes pour Fibie, des surchaussures pour Nayla, nos vêtements de pluie et des habits en laine mérinos en première couche. À moins de 10°C, la pluie est glaciale. 

Nous avançons la tête vissée dans le guidon. Nous essayons parfois de rire, de garder le moral des filles, mais souvent nous tentons juste de ne pas entrer dans la lutte, de simplement traverser. Nous sommes tous préparés. Nayla s’attend au pire. Je m’inquiète pour Fibie qui risque d’avoir froid. Je lui ai ajouté ma veste ultralégère pour lui offrir une protection supplémentaire. Hier soir, j’ai aussi eu un coup de froid sur les reins, mon dos me fait mal. J’ai de la peine à marcher.

Fibie nous attend au sommet de la montée

Il nous reste 40 kilomètres afin de rejoindre la ville de Roussé en Bulgarie. 40 km sous une pluie battante c’est long. Après une heure, nous sommes déjà détrempés. Nous accélérons le rythme, Nayla suit. Elle sent qu’il nous faut arriver le plus rapidement possible. Nous faisons une petite pause dans la ville de Giurgiu, nous arrêtons dans un tea-room qui n’est pas chauffé, mais au moins nous pouvons boire un thé à l’abri. Nous ne restons pas longtemps, de toute manière nous devons remettre nous habits mouillés. Tout dégouline. Il nous faut repartir dans les intempéries. Il ne nous reste plus qu’à traverser le pont sur le Danube puis la frontière pour arriver dans cette ville industrielle et le plus grand port de Bulgarie. 

Sur le pont, les camions nous dépassent et nous nous sentons si insignifiants au milieu de ce trafic acharné. Lorsque nous arrivons à la frontière, nous devançons la file pour nous mettre à l’abri. Les douaniers viennent directement nous voir pour valider notre entrée. Ils sont souriants et sympathiques. Ils ont bien compris que nous ne pouvions pas attendre. Surtout, que les filles commencent à avoir vraiment froid. Je ne sens déjà plus mes pieds. 

Nous sommes en Bulgarie! Nous repartons dans une montée qui nous emmène à la ville. Le sang qui afflue dans mes pieds me fait souffrir. Mais au moins, ils ne sont plus engourdis. Quelques Bulgares nous saluent. Nous avons déjà une bonne impression du pays malgré la tempête. Finalement, nous pouvons enfin nous mettre au chaud. Nayla et Fibie sautent sous une douche chaude!

Céline, Xavier, Nayla et Fibie

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