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La force de vie des filles



Les filles sont fières de rouler à leur rythme 

Nayla fait un cri de joie! Son compteur indique 1000 km! Elle vient de rouler tous ces kilomètres depuis la Suisse! Elle est euphorique! C’est la première fois qu’elle roule tout le temps, une cinquantaine de kilomètres par jour, la plus longue journée de 68km. Elle est fière et en même temps, je sens qu’elle ne se rend pas vraiment compte de ce que cela représente! Nous le savons, nous sentons à quel point elle est enthousiaste à rouler. Elle demande toujours de porter ces sacoches. Elle vit l’itinérance simplement dans une évidence à reprendre la route le matin. Elle est infatigable et parfois elle a même de la peine à s’endormir le soir après avoir étudié. Nous sommes réellement impressionnés par sa force mentale. Les montées sont encore difficiles et parfois elle attend en bas comme pour se donner du courage. Nous l’aidons, nous l’accompagnons, mais nous sommes réellement surpris de cet élan de vie qui l’anime.


Nayla enlève ces sacoches pour faire quelques tours dans le piste en terre


Fibie aussi est incroyable! Elle veut rouler à chaque fois qu’elle le peut et aussi vite qu’elle le peut. Plus de 250km déjà et le reste du temps, elle est toujours sur le système tandem. Elle a envie de découvrir les paysages, de sentir les impressions, d’être avec nous. Nous nous questionnons presque si nous avons encore besoin de la charrette. Elle a fait deux siestes dans son petit cocon depuis notre départ. Les filles rient alors ensemble lorsqu’elles roulent sur les pistes cyclables. Elles se racontent des histoires, chantent, parfois dansent sur leurs vélos. Alors souvent, il nous est impossible de parler avec Xavier, nous devenons simplement les témoins de leurs jeux et de leur joie de vivre.


Dans un élan d’enthousiasme, Fibie part sans nous attendre


Fibie a aussi pris de l’assurance, elle va jouer avec les enfants et s’ouvre aux autres. Elle commence à avoir confiance en son corps pour nager et à apprends à lire et à écrire en lettres cursives. Tout se fait naturellement, dans une harmonie qui enveloppe chacun d’entre nous et avec une volonté infinie des filles à apprendre, découvrir et rouler. Nous sentons que nous avons réellement passé une étape. Et ce passage s’est fait en douceur, dans la justesse et l’harmonie pour chacun. Pour moi aussi, je sens la transformation, je sens à quel point je peux accompagner Nayla et Fibie à faire les choses par elles-mêmes. Je sens cette plus grande autonomie, ce besoin de douceur qui vient chercher de l’amour avant de repartir dans leurs expériences à elles. C’est juste magique de pouvoir le vivre dans la légèreté et l’émerveillement des changements que cela crée pour chacun d’entre nous et au coeur de la famille.


Le vélo ne les empêche pas d’apprendre et de découvrir des nouveautés dans les livres


 Céline, Xavier, Nayla et Fibie

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