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Jusqu’aux sources d’eau chaude de Beppu


Les sommets d’Aso nous ont offert leur panorama depuis un petit onsen dont les sources d’eau chaude puisent leurs énergies au cœur des volcans. Pourtant, le sommet de Takadake ne s’est pas ouvert pour nous. Respectant l’esprit de la montagne, nous faisons la révérence face à sa puissance et acceptons que ce ne soit pas le moment pour nous de le gravir. 


Nous poursuivons à vélo dans un col qui nous emmène au pied de Nekodake. La quantité d’eau qu’il a plu rend l’humidité presque infernale et la chaleur étouffante. Pourtant, les montagnes dévoilent leur grandeur et la beauté de leurs cimes. Notre vision, celle de camper au sommet du col dans les pâturages avec la vue spectaculaire, s’éclipse à nouveau. Décidément, nous sommes invités à poursuivre. Nous plongeons sur une petite route au cœur de la forêt pour déboucher sur un plateau d’altitude une vingtaine de kilomètres plus loin. Le lieu est incroyable. Le panorama sur les hautes montagnes de Kyushu est spectaculaire et la douceur dans l’énergie nous surprend. Une fois encore, nous réalisons à quel point les volcans allument et réveillent le feu intérieur. La délicatesse qui nous entoure est apaisante. Nous terminons la journée et plantons la tente dans un petit parc à la tombée de la nuit. 


Au lever du jour, les montagnes se dessinent à perte de vue, dans des teintes bleutées qui s’estompent à chaque niveau de profondeur. La brume qui enveloppe certaines chaînes, ne laissant apparaître que leurs cimes à contre-jour. Les crêtes de ces montagnes sont découpées par les arbres et gigantesques forêts qui s’étendent au-delà du paysage. Nous sommes émus de la beauté que l’aube révèle. Témoin silencieux d’un instant suspendu dans le temps. Nous enfourchons nos vélos et plongeons au cœur des vallées. Pourtant, le typhon a laissé des passages bloqués, nous forçant à passer dans des montées abruptes qui n’en finissent plus. Les rivières parfois brune, parfois bleu turquoise ont toutes un débit extrêmement élevé. Cette fois, nous ne pouvons pas nous baigner. Nous aurions aimé profiter du lieu, mais nous avons rendez-vous avec l’immigration pour notre visa. Après plus de 8 heures sur nos vélos, nous entrons dans la ville d’Oita. Le contraste entre les rizières et les rues en béton est toujours source d’épuisement.


Après le passage dans les bureaux de l’immigration, nous poursuivons le long de la magnifique piste cyclable qui nous emmène à Beppu. Tout d’abord, nous traversons quelques larges rivières qui sont prêtes à déborder. Ces fleuves sont les marques visibles du passage du typhon. Habituellement, elles sont un flot dans un large lit de pierre et d’alluvions. Cette fois, le courant est à quelques centimètres du haut de la digue. C’est vraiment impressions. Sur la piste cyclable qui longe l’océan, ce sont les arbres et les troncs qui flottent, ceux qui sont pris dans les murs anit-tsunami, ou encore ceux échoués sur les plages ou dans les ports. Pourtant, le ciel bleu intense contraste avec le vert lumineux des collines abruptes et luxuriantes, qui plongent dans un océan lisse comme un miroir. Les quelques signes de la tempête passée semblent infimes. 


Nous arrivons à Bepu, cette ville réputée pour ces sources thermales. Suitée entre deux lignes de fractures de la croûte terrestre, les montagnes donnent vie plus de 2’300 sources thermales, avec des millions de litres d’eau qui s’échappent de la terre après plus de 50 ans de purification à travers les diverses couches. Mais plus encore, elle s’est chargées en minéraux des gaz volcaniques qui remontent depuis les flux magmatiques. Ainsi, des eaux de diverses couleurs, du rouge sang au bleu laiteux, avec des températures allant jusqu’à 100 °C, alimentent les onsens. Nous allons dans le coin d’une rue, découvrir un bain local, où la population se lave depuis des générations. L’eau est à plus de 42 ° C. Pourtant, Fibie adore ce petit onsen, où les Grands-Mamans s’asseyent à même le sol pour se laver avant d’entrer nues dans l’eau chaude. Heureusement pour nous, des robinets d’eau froide nous permettent de remplir de petits baquets avec lesquels nous nous aspergeons afin de nous rafraîchir. 


Quelques heures plus tard, nous prenons le ferry pour rejoindre la petite ville de Yawatahama sur l’île de Shikoku. Nous venons de terminer notre passage intense au cœur de l’île vibrante et active de Kyushu. 


Céline, Xavier, Nayla et Fibie
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