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Une école, sans bonnes, ni mauvaises réponses ?

Les enfants argumentent leur point de vue.


Imaginez une école où il n’y a pas de bonnes ni mauvaises réponses, simplement des chemins divers et variés pour construire l’apprentissage. Le professeur ne se place alors plus comme le détenteur du savoir, mais comme un mentor dans le processus. Nous venons d’entrer dans une école bien particulière dans le village de Hovorčovice accompagnés par la co-fondatrice Jana Dubnova. Et malgré ses méthodes hors du commun, cette école est publique


Notre première impression est soulignée par nos deux filles, Nayla et Fibie, qui ont la chance de pouvoir participer à quelques cours et d’en faire l’expérience en tant qu’élèves. Les premiers mots de Nayla sont « je suis touchée par la manière dont les professeurs nous parlent! » Et « j’aime que les activités ne se passent pas assis sur des chaises face à une table, mais sur un tapis sur le sol ou à l’extérieur, comme le cours de maths auquel nous avons participé ». Cette relation à l’enfant, nous l’avons tout de suite ressentie, Fibie aussi. Lorsque la professeur d’art dramatique est venue la saluer, elle s’est mise à sa hauteur pour lui dire bonjour et lui serrer la main. Au moment de dire au revoir, Fibie lui a sauté dans les bras. Cette conscience à la relation nous la retrouvons aussi dans la collaboration entre les professeurs. Nous ressentons une réelle synergie à travailler ensemble, un mouvement commun d’exploration des possibilités dans les processus d’apprentissage. 


Le cours de mathématique se passe à l’extérieur.


Le processus d’apprentissage est valorisé face la connaissance


Lorsque le professeur pose une question, les élèves y répondent en argumentant leur point de vue. Ce n’est pas le professeur qui va valider ou non les réponses des enfants. Ce sont les autres élèves qui vont dire s’ils sont d’accord ou s’ils ont une autre lecture du problème. La première personne qui a répondu choisit alors parmi ceux qui ont le bras levé, lequel va lui proposer sa manière de comprendre la question et ses arguments. Ainsi, le savoir est construit entre les paires. Le fait de devoir argumenter son point de vue permet aussi à l’enfant dès le plus jeune âge de développer sa faculté d’expression, d’argumentation, de réflexion et d’évaluation. Ils apprennent à sentir ce qui est juste pour eux, à se respecter mutuellement,  à prendre des décisions et à accueillir la diversité d’opinions. Et comme il n’y a pas de bonnes ni mauvaises réponses, mais un chemin d’apprentissage, chacun reconnaît la place de tous dans ce processus-là. Les erreurs deviennent simplement un moyen d’apprendre. À la fin du cours, chaque enfant explique ce qu’il a découvert, ce qu’il a appris, ce qu’il a compris. L’enfant est ainsi soutenu dans sa réflexion individuelle. 


De la même manière, l’élève pose chaque semaine ses objectifs, qu’il va ensuite évaluer. L’auto-évaluation est au centre de l’école, vu que chaque semestre, une réunion a lieu entre l’élève, le professeur et le parent. L’enfant va faire sa propre auto-évaluation, le professeur va valoriser les apprentissages acquis et aussi ceux à travailler, et les parents vont aussi donner leur avis sur l’apprentissage de leur enfant. Une fois encore, l’idée est de créer une synergie dans laquelle l’enfant est au centre et dans laquelle il est le premier acteur de son apprentissage. 


La classe rentre après un cours de mathématique en nature.



Le respect du non


La première règle de l’institution est le respect de la personne, quel que soit son âge. Ainsi, au centre de cette manière de fonctionner se trouve le respect du non. Nous avons demandé l’autorisation pour prendre des photographies dans la classe. Un enfant a simplement dit qu’il n’était pas d’accord. Il était posé dans son affirmation et nous avons ressenti que dans cette école, la voix de chacun compte. Ce n’était pas la première fois qu’un élève disait non, qu’un individu affirmait avec confiance sa différence face au groupe. Nous sentons à quel point cela développe l’audacité de se dire face à un groupe, la confiance de faire valoir sa voix, le respect de soi.


Les enfants peuvent venir s'exprimer à travers des figurines dans un bac à sable


De la même manière, le non est accepté face à l’apprentissage. Parce que finalement, nous ne pouvons pas toujours être dans un état émotionnel ou physique pour apprendre. L’enfant a alors la possibilité de lire un livre, de prendre un moment pour lui, de sortir un instant dans le couloir. Il a aussi la chance de pouvoir aller rejoindre la psychologue quand il le souhaite. Nous découvrons son bureau comme un lieu d’accueil pour les enfants : il y a un bac à sable, des figurines, des cartes d’émotions. L’élève dès le plus jeune âge peut y trouver un refuge, un lieu pour se confier. La porte est toujours ouverte. 


Les enfants travaillent avec divers univers, ici des bâtonnets.


La compréhension des mots par l’expérience


L’école a mis l’accent sur la compréhension des textes. Avec la multitude d’informations virtuelles, il est primordial que l’enfant puisse savoir comment la choisir et la sélectionner. Ainsi dès la première année, l’enfant va apprendre à lire en devinant la suite de l’histoire, en trouvant des preuves pour argumenter leurs idées, en recherchant quelles informations les guident sur leurs prises de position. Les professeurs vont aussi expliquer les mots inconnus en passant par l’expérience, en l’effectuant. Les mots seront donc compris non pas à un niveau mental, mais à un niveau kinesthésique, en passant par l’action, par les sensations du corps. Ce savoir est ainsi plus ancré vu qu’il a été intégré par de multiples sens et non pas uniquement la vue ou l’ouïe. 


Les enfants découvrent que les diverses formes ont la même aires. 


Le cours préféré de tous les élèves : les mathématiques


Lorsque l’enseignante a déclaré : « nous allons faire des mathématiques ! » Tous les élèves se sont exclamés avec joie ! Cette branche est la préférée des élèves, parce que l’école a opté pour un enseignement non conventionnel, mais en suivant la méthode Hejny créée en Tchéquie et proposée dans les écoles depuis 2013


L’école utilise la méthode Hejny pour les maths


L’idée de la méthode est de passer par l’expérience afin de découvrir le langage mathématique. Les math deviennent ainsi un moyen de résoudre des problèmes dans lequel tous les chemins sont justes. Parce que même si certaines voies sont plus efficaces, il existe une multitude de manières de résoudre les problèmes. Les mathématiques ne sont ainsi plus des concepts abstraits, mais une multitude d’univers, c’est-à-dire de manière de comprendre les problèmes. Un univers peut être des cubes, comme il peut être des pas ou des sauts, de l’argent. La découverte des mathématiques est alors une exploration qui puise son désir dans la soif naturelle des enfants à apprendre. Les expériences sont reliées à la vie réelle, à des objets concrets. Les enfants peuvent par exemple coudre une robe sur une forme géométrique, ainsi ils apprennent les sommets, les faces, et surtout découvrent les aires lorsqu’ils déplient le tissu. L’expérience se transforme en mot qui finalement va se transformer en langage mathématique. En créant de multitudes de schémas avec des objets et univers différents, l’enfant intègre les concepts mathématiques avec des expérimentations, avec des jeux, avec des phénomènes et trouve ainsi différentes manières de les résoudre. L’enfant pourra donc choisir la voie qui lui convient le mieux et lui semble la plus naturelle. Sentir l’aire d’un objet, utiliser des bâtonnets pour commencer à comprendre les équations permettent aux enfants de comprendre et de sentir que les mathématiques sont simplement un langage. 


Les activités ne se passent pas toujours assis sur des chaises


Comme chaque expérimentation est interconnectée, la compréhension des mathématiques et toujours reliée à une compréhension globale dans laquelle chaque univers s’intègre, facilitant ainsi le passage d’un univers à l’autre, d’une résolution de problèmes à une autre. L’enfant s’amuse et prend du plaisir à jouer avec ses différents concepts dans une exploration sans fin. 


Cette manière d’enseigner les maths étant innovante, l’école propose des cafés mathématiques pour les parents qui désirent comprendre la méthode et découvrir cette nouvelle manière d’appréhender les mathématiques. 


La collaboration est au centre de l’enseignement. 


L’enseignement en tandem


De nombreux cours se donnent en tandem. Ainsi deux professeurs sont présents dans la classe, non seulement pour les élèves, pour la qualité des cours, pour apporter des avis ou des matières de fonctionner différents, mais aussi parce que les professeurs apprennent les un des autres, créant un esprit de collaboration. Dans la politique de l’école, les professeurs sont tenus de continuer à se former, à travailler sur eux-mêmes, à découvrir de nouvelles manières de transmettre, à s’ouvrir à de nouvelles méthodes. Ils reçoivent par exemple des cours d’art dramatique afin de les aider à transmettre l’information, en utilisant les le langage corporel, mais aussi pour apprendre des techniques par rapport à la voix et la manière de protéger leurs cordes vocales.



Exercice de mathématique animé par l'enseignante et l'assistante



Nous sommes invités pour donner des conférences sur notre vie 


Nous donnons des conférences en anglais aux élèves. Même les plus petits qui ne comprennent pas tous l’anglais restent attentifs. Pour les professeurs, c’est aussi un moyen pour les enfants d’offrir une ouverture, par rapport à une manière de vivre qui est hors norme et aussi parce que nos filles, Nayla (9ans) et Fibie (5 ans) parlent en anglais, leur donnant ainsi un exemple dans l’apprentissage des langues. Les élèves seront d’ailleurs impressionnés lorsque Nayla parle quelques mots de japonais ou que Fibie chante une chanson en chinois. Pour nous partager notre mode de vie d’aventuriers, nomades à vélos depuis 13 ans, c’est présenter l’importance du temps en nature, notre choix de vivre avec moins, l’apprentissage par l’expérimentation, la découvrir de nouvelles cultures et leur unique manière de voir le monde, et notre plongeon quotidien dans l’inconnu. Nous sommes toujours émerveillés de l’esprit magique des plus jeunes enfants, qui par leurs questions nous ouvrent une porte sur leur manière de comprendre le monde, de le percevoir, mais surtout qui sont si ouverts dans leurs questionnements. C’est toujours les questions des plus jeunes enfants qui restent pour nous complètement inattendues et à la fois si pertinentes. 

  • Est-ce que des amis viennent vous rejoindre le long du chemin ? 

  • Est-ce que je peux venir quelques jours avec vous ? 

  • Pourquoi avez-vous décidé de ne pas avoir de maison ? 

  • Comment est-ce que vous traversez les océans ? 


Les plus grands nous remettent un petit mot sur les impressions, ce qu’ils ont apprécié, ce qui les a touchés. «It was very great. You are helping the world, because you are living with less. And we need more people like you. You decide to live for the Earth.»

Nayla et Fibie participent dans les classes



Une structure qui offre une ouverture


L’école d’Hovorčovice offre une nouvelle manière d’appréhender l’enseignement aux élèves, parce que justement ils les considèrent tout d’abord comme des personnes avec lesquelles ils vont collaborer pour créer un savoir qui ne sera pas uniquement conceptuel, mais qui va passer par l’expérience, par l’argumentation de son point de vue, par la construction du savoir en groupe, par le respect de chacun, par la responsabilité de l’enfant face à son apprentissage. Cette manière d’enseigner permet aux enfants de développer leurs compétences sociales, leur capacité de réflexion, leur positionnement face aux groupes, leur esprit critique et de cultiver leur émerveillement et leur soif d’apprendre. Et à l’image des enseignements, les enfants comprennent que l’apprentissage est un processus de découverte qui se poursuit indéfiniment.


Céline, Xavier, Nayla et Fibie

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