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Aux portes de la nouvelle année

Perchées sur leur arbre Tawa, Nayla et Fibie savourent la toute dernière journée de l’année. Elles y ont construit une cabane. Et c’est depuis les branches qu’elles contemplent le monde. Elles envoient alors leurs vœux pour l’année à vernir. Plus d’harmonie, plus de joie, et la confiance de chacun en ses propres dons et perceptions extrasensorielles.  Le 28 décembre, nous avons accroché une shimenawa devant la porte de notre maison traditionnelle. On nous a expliqué que c’est un jour de bon augure. Le chiffre 8 est symbole d’expansion et d’infini.  Cette décoration, tressée en paille de riz, est alors, suspendue jusqu’au 7 ou au 15 janvier, selon les régions, avant d’être brûlée lors d’un feu de joie collectif, avec toute la communauté.  Placée à l’entrée, la shimenawa agit comme une frontière sacrée entre le monde terrestre et celui spirituel, ouvrant un espace sacré de protection. Elle invite Toshigami-sama, la divinité du Nouvel An, à venir habiter notre maison. Ce k...
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Notre histoire est en librairie au Japon

Rencontres, signatures et premiers pas d’un livre à travers l’archipel. « Ils ont choisi de vivre nomades », le premier tome de la série, a trouvé sa place sur les étagères des librairies et chez Montbell à travers tout le Japon le 19 décembre 2025. Un aboutissement en soi, tant le chemin jusqu’à cette publication fut une aventure. Aujourd’hui, une nouvelle étape s’ouvre : celle de la rencontre, de la promotion, des conférences qui nous mèneront bientôt dans plusieurs villes du pays. Nous avons commencé par signer tous les livres précommandés. Ici dans notre petite maison traditionnelle puis à Inicle, au cœur des rizières en terrasse d’Ini, dans une chambre aux espaces épurés . Là-bas, nous étions chez Kota san, Haruka san et leur fille Su chan (Suzuha) face à ce paysage légendaire, où les rizières s’entrelacent en escalier au sein d’un cirque de montagnes. C’est majestueux. Le soir, un repas fabuleux nous attend. Le riz est cuit au feu de bois, du riz organique qui a été planté par...

Retour à Hiroshima — et dernier Sea to Summit à Yamaguchi

Ce matin, l’air est glacial, humide. Nous sortons de la tente enveloppés dans les odeurs d’humus de la forêt. Le soleil n’atteindra pas ce lieu isolé avant quelques heures. Nous décidons de partir avant le déjeuner, enveloppés de nos doudounes. Durant 20 kilomètres, nous suivons cette route étroite serpentant sur le flanc de la montagne inhabitée . La forêt s’étire dans toutes les directions, les sommets s’entrelacent sans fin. Nous sommes ces quatre points mouvants dans ce vaste vert profond, illuminés par endroits d’arbres aux couleurs de l’automne. Nous retrouvons la rivière, sa teinte cristalline aux reflets d’émeraude. Nous en longeons les flots, voie de sortie de cet antre mystérieuse. À mesure que nous avançons, un souffle d’inspiration se lève : il nous guide, nous enveloppe, nous entraîne toujours plus intimement au cœur de ce monde. Peu à peu surgissent des bulles d’émerveillement, nées des détails subtils que nos yeux perçoivent et que nos sens accueillent. Une lumière gl...

Du plateau d’Akiyoshidai aux vallées brumeuses

Le plateau d’Akiyoshidai s’étire. Une mer de calcaire et d’herbes ondulant sous le vent, elle est vaste, nue, intrigante. Les formations karstiques se dressent, avec leurs aspérités, comme des sentinelles pointant leur regard sur l’horizon. Des collines s’élèvent en sommet, des dolines rappellent le monde souterrain calcaire. Notre première idée est de poser la tente dans cet espace où le ciel est notre seule limite. Pourtant, en suivant le petit sentier, nous comprenons vite que dans ce parc national, ce sera difficile. Nous rejoignons alors un sommet, face à ce paysage singulier, unique au Japon. Les lumières du crépuscule commencent à teinter le ciel. Quelles sont nos options ? La tentation est forte, de dormir au sommet, mais un vent glacial s’est levé et nous n’avons pas suffisamment d’eau. Nous décidons alors de partir à l’aventure sur le sentier pédestre. Secoués, nous rions des soubresauts et jouons avec le terrain, seuls dans ce monde. Pourtant, nous n’avons pas le choix que...

Là où la mer et les forêts nous adoptent

La route se faufile entre les montagnes qui plongent dans la mer du Japon. Sinueuse, elle serpente le long des presque-îles se décrochant dans les flots. Nous devinons les couleurs turquoise et l’émeraude de l’eau, mais la luminosité devient de moins en moins forte. Les nuages se rassemblent, lourds, épais, soudain la pluie tombe, d’un coup, dense, ruisselant. Nous nous réfugions alors dans un onsen, les joies du Japon. Le bassin extérieur s’ouvre sur une mer immense . C’est à couper le souffle. Nous rejoignons ensuite la plage, près du pont de Tsunoshima. Aujourd’hui, le souffle impétueux du vent soulève des vagues gigantesques. La mer est déchaînée. Nayla et Fibie jouent d’abord dans le sable, puis irrésistiblement attirées, elles s’approchent de l’eau salée. Lentement, elles y mettent les pieds. Quelques minutes plus tard, elles rient en défiant le va-et-vient des vagues, qui par moments, les attrapent. La mer semble se prendre au jeu, répondre à ce souffle d’innocence et de légèr...