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Kazakhstan, au rythme de l’immensité

4 °C. Nos doigts sont gelés. Nous arrivons à la frontière kazakhe avec les froids sibériens déjà en tête. Un baraquement en construction, des hommes en vêtements de camouflage militaire et de grands sourires. Bienvenue au Kazakhstan. Nous y sommes déjà. « C’est beau ! » s’exclame Fibie. « Tout ce jaune ! » D’emblée, le Kazakhstan dévoile ses steppes or infinies, des montagnes aux allures de visages de vieillards ridés, sous un ciel bleu pastel, couleur de son drapeau. L’arrivée dans le premier village offre un accueil incroyable. Une petite dame, émue de notre passage, nous serre dans ses bras. Un vrai câlin comme Nayla les aime. Cela fait longtemps. Dans une quincaillerie, un homme paie nos achats. Les sacoches se remplissent de halva, une pâte de tournesol sucrée, de fromage fumé et de pain noir. “Où se trouve la pompe à eau?” La femme nous ouvre la porte de sa maison kazakh blanche et bleue. Après avoir traversé la cour intérieure, nous repartons avec de l’eau et des kuruts, ces bou...
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30'000 kilomètres dans l’inconnu

Le désert est là, à nouveau. Au loin, des dunes gigantesques. Mais le vent est frais. Notre été aura finalement duré deux semaines. La seule route qui nous permet d’avancer est une immense autoroute, parfaitement lisse, qui traverse le désert au milieu de centaines d’éoliennes. Les pales tournent lentement au-dessus de nous. À côté, les camions et les grues semblent minuscules. Mais impossible de quitter la route. Des barrières grillagées s’alignent de chaque côté. Une petite ouverture nous permet de nous arrêter quelques minutes, à l’écart des caméras, pour manger. Le soir, nous retrouvons les Kazakhs nomades. À cheval, ils s’occupent de leurs troupeaux de chameaux et de vaches. Nous plantons la tente sur un immense plateau. Le soleil descend lentement sur l’horizon. Le vent tombe. La température est parfaite. Puis, au sud, un nuage noir apparaît. — Tu crois que c’est le calme avant la tempête ? Après tous ces milliers de kilomètres dans ces terres nues, nous avons appris à ne pas fai...

Grandir et apprendre sur les routes du monde

À Burqin, nous trouvons une jolie guesthouse avec un jardin extraordinaire. Une quinzaine de légumes différents poussent entre les arbres fruitiers. La cour intérieure semble appartenir à un autre temps. Notre chambre, sous les toits, offre un espace tatami pour les filles. Pour une fois, nous pouvons souffler. Nous avons beaucoup roulé. De longues journées. De grandes distances. Le désert, le vent, la chaleur, les contrôles. Alors ici, rien ne presse. Nous mangeons dans les petits restaurants de la ville. La cuisine est à l’image de Burqin : un mélange de cultures han, ouïghoure et kazakhe. Des nouilles sautées, en soupe, épicées ou dans des bouillons. Des baozi, des beignets, du lait de soja, des boulettes sucrées, des pains plats, du porc à la sauce aigre-douce, du poulet au piment, des légumes verts à l’ail. Nous goutons même des vers à soie, au goût de noisette et de terre . Sur les tables, il y a toujours de l’ail et du piment en supplément. Un soir, une tempête éclate. Une pluie...

Le désert nous engloutit

À Fuhai, nous devons commencer par régler quelques problèmes. L’axe du pédalier de mon vélo est cassé. Impossible de trouver la pièce. Fibie roule toujours avec une roue légèrement voilée depuis sa chute. Les sites chinois sur internet regorgent de matériel, mais aucune commande ne passe avec nos cartes bancaire étrangères. Puis, presque comme si quelqu’un avait entendu notre appel, un message arrive sur nos réseaux sociaux; un cyclotouriste chinois rencontré en Mongolie.« Si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas ! Je suis de retour en Chine » Nous lui demandons alors de nous aider à trouver les pièces qu'il nous manque et de les livrer à la dernière ville avant la frontière. Wang Jun, propriétaire d'un magasin de vélo local, nous dépanne avec un axe de second main. Mais ce n’est pas encore terminé pour Fibie. Il faut maintenant s’occuper de sa dent, qui lui fait mal. Comme à chaque fois, emmener les filles se faire soigner devient tout une aventure. Logistique, bien sûr, mais...