À Fuhai, nous devons commencer par régler quelques problèmes. L’axe du pédalier de mon vélo est cassé. Impossible de trouver la pièce. Fibie roule toujours avec une roue légèrement voilée depuis sa chute. Les sites chinois sur internet regorgent de matériel, mais aucune commande ne passe avec nos cartes bancaire étrangères. Puis, presque comme si quelqu’un avait entendu notre appel, un message arrive sur nos réseaux sociaux; un cyclotouriste chinois rencontré en Mongolie.« Si vous avez besoin d’aide, n’hésitez pas ! Je suis de retour en Chine » Nous lui demandons alors de nous aider à trouver les pièces qu'il nous manque et de les livrer à la dernière ville avant la frontière. Wang Jun, propriétaire d'un magasin de vélo local, nous dépanne avec un axe de second main. Mais ce n’est pas encore terminé pour Fibie. Il faut maintenant s’occuper de sa dent, qui lui fait mal. Comme à chaque fois, emmener les filles se faire soigner devient tout une aventure. Logistique, bien sûr, mais...
Chaque jour, nous longeons la rivière. Chaque jour aussi, quelqu’un nous arrête pour nous prendre en photo. Et presque chaque jour, la police vérifie nos passeports. Le paysage, lui, ne cesse de changer. Nous traversons des passages arides où surgissent parfois des dunes de sable, puis des formations rocheuses rouges et ocres, striées de bandes qui dessinent des formes presque irréelles. Quelques kilomètres plus loin, le désert laisse place à un village, aux saules et aux peupliers qui offrent leur ombre, puis aux immenses champs de tournesols et de maïs. Dans les marchés, nous retrouvons les fruits. Fibie veut tout goûter. Elle compose des assiettes entières de melons, de raisins, de pêches, comme si son corps rattrapait quelque chose après le Japon, où nous avions appris à les considérer comme de petits trésors. Au milieu du marché, des hommes jouent au mah-jong. Autour d’eux, la vie continue. Les petits tricycles pétaradent, les camionnettes transportent toujours d’énormes tas d’her...