L’hiver s’installe profondément. Le froid mord, vif et silencieux. Cette nuit, les nuages ont été inspirés: cinquante centimètres de neige fraîche, immaculée. J’adore ces matins, où tout est recouvert de ce doux manteau, ou le temps semble ralentir, où le silence règne, enveloppés de ce souffle blanc. Nous chaussons skis et snowboard, attirés par l’appel des montagnes, et rejoignons Osorakan le point culminant de la préfecture d’Hiroshima. Qui aurait imaginé qu’il était possible de skier tout à l’ouest du Japon ? À chaque virage, la neige s’élève en nuages légers et danse au-dessus de nos têtes. Puis elle se dépose sur nos joues glacées. Par moments, Nayla et Fibie disparaissent, nagent, luttent joyeusement dans cette mer de poudreuse avant de renaître un peu plus loin, rieuses. Nous profitons de chaque descente. Skier, rider encore, jusqu’à ce que les cuisses brûlent. Les filles dévoilent une énergie phénoménale, portées par l’excitation malgré le froid mordant et les flocons gig...